Le Grand baZar de la rentrée

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Étiquette : réchauffement climatique

Du greenwashing à l’ère de la défiance : ça va chauffer !

Par François Piot, 46 ans, Président de Prêt à Partir depuis 1998.

Ingénieur de l’École Centrale de Paris, DEA de biophysique moléculaire et d’un DESS de gestion des entreprises (IAE Paris). Entre dans l’entreprise familiale après une brève carrière de chercheur au CNRS (2 ans) et une coopération en Autriche à vendre des ventilateurs.


Il y a 12 ans, j’ai fait la rencontre de Daniel Masson, président de Niger ma Zaada, ONG qu’il avait fondé quelques années auparavant. Daniel m’a expliqué ce que son association réalisait au Niger. Dans un rayon d’action limité, à environ 45 minutes de Niamey, Niger ma Zaada avait construit des puits, des écoles, un centre de soins. Daniel partait plusieurs fois par an au Niger, sur ses deniers et en bénévole, pour suivre les chantiers financés par les fonds de l’association. Il m’a paru sympathique, compétent, et exemplaire, je lui ai signé un chèque de 3 000 €. Et n’ai pas oublié de demander mon reçu fiscal.
Douze ans plus tard, nos dons cumulés se chiffrent à 500 000 €. Par l’intermédiaire de Niger ma Zaada, nous avons financé des puits, des écoles, un centre de soins, un grenier, et un programme de conservation des dernières girafes d’Afrique de l’Ouest, pour lesquelles nous avons replanté quelques 60 000 arbres. Chaque année, nous donnons un peu plus à l’association. Nous avons écrit ensemble une belle histoire, qui s’est enrichie années après années. Cinq personnes de notre entreprise, dont moi-même, sont allées au Niger, encadrées par l’association. Daniel Masson intervient régulièrement auprès de nos équipes de ventes, et nous associons nos clients aux actions menées sur place. Nous les informons, nous les sensibilisons, et nous les remercions, car c’est grâce à eux que nous pouvons «faire notre part» au Niger.

Daniel m’a confié qu’il avait visité, en Afrique, des zones replantées de millions d’arbres… sur le papier. Dans les faits, malgré les panneaux arborant le nom des généreux mécènes, autour, c’est resté le désert. Les sponsors ont-ils réellement payé leur part ? L’argent s’est-il évaporé ? Ce qu’il y a de certain, c’est que le reçu fiscal a bien été utilisé !
Le 30 septembre dernier, Air France annonçait vouloir replanter 70 millions d’arbres pour compenser les émissions de CO2 de ses vols intérieurs. L’information est tombée juste après la faillite d’Aigle Azur et de XL Airways, et surtout après plusieurs mois de « flygskam », la honte de prendre l’avion. Il suffit de lire les commentaires sur le web pour comprendre que l’effet n’est pas celui escompté. Il y a 10 ans, Air France aurait reçu le prix Nobel du développement durable, comme Al Gore a reçu celui de la paix avec des données falsifiées. Aujourd’hui, le citoyen est mieux informé que formé, et il ne croit plus ce qu’on lui raconte. Le scepticisme radical, la chasse aux sorcières du greenwashing, l’ivresse de la théorie du complot, bienvenue dans l’ère de la défiance !

La faillite de Thomas Cook va changer durablement la relation entre le voyageur et son agence de voyages. Cela faisait 178 ans que Thomas Cook vous faisait découvrir le monde. Et, soudainement, tout s’arrête. Il faut repayer les hôteliers, rapatrier les clients, rembourser les acomptes. My God, que fait Scotland Yard ? Dieu sauve la Reine, et mes vacances… Alors, de grâce, ne venez pas me raconter que mon voyage en avion réchauffe la planète et que je ferai mieux de prendre le train électrique ou de partir en covoiturage. 

Nombreuses et louables ont été les initiatives dans notre métier pour proposer des voyages plus écolos : du label Chouette Nature de Cap France au Framissima Nature de Soustons, en passant par le tourisme « nature » d’Austro Pauli ou de Voyager Autrement. Malheureusement, nos clients ne se sont pas rués sur ces voyages qui n’ont jamais trouvé de rentabilité… durable. Quand j’ai rejoint l’entreprise familiale il y a 20 ans, nos clients partaient principalement en vacances autour de la Méditerranée, pendant deux semaines estivales en hôtel-club. Intuitivement, j’ai voulu rajouter à notre catalogue deux superbes circuits : l’un en Bourgogne autour des églises romanes, l’autre au nord de Paris pour visiter les premières églises gothiques. Inutile de vous dire que nous avons annulé les deux voyages.

13 ans plus tard, j’ai récidivé en déposant la marque « Esprit et Culture » pour organiser des voyages avec le diocèse de Nancy. A l’occasion du lancement de cette très belle croisière avec des excursions exceptionnelles, nous avions organisé une fabuleuse conférence avec le journaliste et écrivain, spécialiste des religions, Antoine Sfeir – paix à son âme. Nous avons réuni plus de 2000 personnes en une soirée mémorable, et… vendu 2 cabines sur le bateau. Au début de notre partenariat avec Niger ma Zaada, nos vendeurs avaient pour consigne de demander 3 euros par voyage à nos clients, et de leur expliquer nos actions au Niger. Devant les réactions parfois décevantes, parfois agressives de nos clients, nous avons simplement augmenté nos frais de dossier de 3 euros et  glissé une carte de remerciement dans nos carnets de voyages. Culpabiliser les clients ne sert à rien, sinon à leur donner envie de changer d’agence de voyages.

Quand Fabrice Pawlak m’a proposé de rédiger un article pour le Yakafokon, nous venions d’avoir une discussion sur le voyage éthique et la dimension sociétale des voyages à proposer à nos clients. Et nous n’étions pas du tout d’accord. Nous ne changerons pas les goûts de nos clients, et notre métier est de leur conseiller le voyage qui leur apportera le plus de joies et de souvenirs. Nous avons certes une responsabilité dans les conseils que nous leur prodiguons, y compris en matière de responsabilité sociétale et environnementale. Par exemple, nous luttons contre le tourisme sexuel. Mais si notre client veut lézarder deux semaines au bord de la piscine en évitant tout contact avec les indigènes ou aller passer un week-end à Pékin, nous lui vendrons quand même. 

En revanche, avec un bout de la marge de ces voyages, nous pouvons agir. C’est ce que nous faisons, par exemple en finançant Niger ma Zaada. Nous consacrons une part importante de nos résultats à des investissements dans les énergies renouvelables (panneaux solaires, centrales hydro-électriques, centrales de méthanisation). Comme le colibri, nous faisons notre part. Pour changer les mentalités, pour changer les habitudes, il faudra la force de la loi. Restreindre, interdire, taxer. 

Cela suffira-t-il pour stopper le réchauffement climatique à un niveau acceptable ? Soit la corrélation entre le taux de CO2 dans l’atmosphère et la température moyenne de la planète est un hasard, ce qui signifierait que l’activité humaine n’a pas d’impact démontré sur le climat, soit il est déjà trop tard pour éviter un réchauffement qui devrait atteindre plusieurs degrés et plonger l’humanité dans un chaos inimaginable : montée des eaux, réfugiés climatiques, famines, pandémies, et bien sûr une guerre mondiale, qui mettrait peut-être fin à notre espèce. Restons optimiste pour Gaïa : l’homme est arrivé dans les dernière secondes de la vie sur Terre – 400 000 ans sur 4,5 milliards d’années – et plein d’autres espèces n’attendent que notre disparition pour prendre le pouvoir. Il y aura une Terre pleine de vie après notre disparition. Rappelons que les dinosaures, ces êtres soi-disant mal adaptés et stupides, ont régné sur la planète pendant 160… millions d’années. Dans tous les cas, exit la question du CO2. Évidemment, pas politiquement correct…

En revanche, nos enfants vivront la fin du pétrole. La fin du pétrole comme carburant, car il y en aura toujours, mais on ne l’utilisera plus comme aujourd’hui, tellement son prix aura monté. On l’utilisera tellement peu qu’il redeviendra moins cher qu’aujourd’hui. Souvenez-vous que nos grands-parents ont connu la fin du charbon, grâce au déploiement du nucléaire en France. Le voyage est devenu un besoin essentiel pour beaucoup d’entre nous. La liberté de se déplacer pour pas cher est devenu une liberté fondamentale. Quand j’étais enfant, un voyage en Thaïlande coûtait 20 000 francs (3 000 euros) et durait 3 semaines. Aujourd’hui, personne ne part trois semaines en voyage ! Et l’offre s’est adaptée à la demande : un week-end à Pékin plutôt qu’une vraie découverte de la Chine. Pour un week-end, ne vaudrait-il pas mieux une bonne expérience 3D avec un casque de réalité virtuelle qui, comme le DVD élimine la pub, permettra d’éviter les contrôles dans les aéroports et les files d’attente dans les musées ? Une visite virtuelle de la Cité Interdite, sans bouger de son canapé.

L’autre tendance serait le « slow tourisme » : on court toute l’année métro-boulot-dodo, pourquoi ne pas prendre son temps pendant les vacances ? Il faudra alors repenser nos programmes, passer du temps à visiter tous ces merveilleux sites touristiques secondaires, déserts et authentiques. Partir à la rencontre de celui qui nous accueille dans son pays, découvrir son histoire, sa civilisation, ses mœurs et ses coutumes. Toutes choses que nos touristes stressés et pressés n’ont pas le temps de voir. 

Bien entendu, si on part moins souvent mais plus longtemps, le bilan carbone du voyageur s’améliore, car c’est le vol qui émet le plus de CO2. Il est probable que le chemin sera, une fois de plus, montré par le monde de l’entreprise : de plus en plus de sociétés utilisent la vidéo-conférence pour éviter un rendez-vous de deux heures à l’autre bout du monde. Le voyage le plus économe en CO2 est celui qu’on ne fait pas… Dans les appels d’offres de business travel, on commence à voir apparaître de nouvelles demandes liées à la RSE de l’entreprise. Par exemple, le montant des émissions de CO2 liées au déplacement. C’est une piste intéressante : êtes-vous prêt à payer votre voyage un peu plus cher si votre avion est plus économe en kérosène ? Êtes-vous disposé à prendre le train plutôt que l’avion ? A utiliser Airbnb plutôt qu’un hôtel de chaîne ? Observons bien ce qui se produit dans le monde du voyage d’affaires, cela nous montrera l’évolution du comportement de nos voyageurs.

Si on résume notre plan-climat chez Prêt à Partir pour les 5 ans qui viennent :

  • Renseigner les voyageurs sur leur impact CO2 de la façon la plus précise possible, dès le devis ;
  • Inciter nos clients à partir plus longtemps, mais moins souvent, pour de véritables expériences avec les populations locales ;
  • Consacrer une part toujours croissante de notre marge à des actions utiles et durables qui donnent du sens à notre métier.

On ne va pas sauver le monde, mais on va juste essayer de rendre nos clients, nos fournisseurs et nos collaborateurs un peu plus heureux.

S’engager, pas toujours facile mais indispensable !

Par Bianca Von Lieres, namibienne de 47 ans, fondatrice de Matiti Safaris en Namibie.

Diplômée de « Retail Business Management » au Cape Technikon, puis 2 ans guide freelance en Namibie, j’ai fondé le réceptif Matiti Safaris en 1999 avec Gwendal Cochet pour valoriser le patrimoine exceptionnel namibien. Notre réceptif est le spécialiste francophone du voyage sur-mesure en Namibie, l’équipe compte aujourd’hui 60 employés. Contact : bianca@matitisafaris.com


Notre mission est celle de la plupart des réceptifs dans le monde entier : accueillir les voyageurs dans les meilleures conditions possibles et leur faire découvrir les beautés de la Namibie tout en ayant une bonne influence sur les communautés et le pays dans lequel nous vivons.
Cela passe aussi par le bien-être de nos employés, leur formation et leur accompagnement jour après jour. Notre principale clientèle parle français, aussi, nous employons quelques guides étrangers. Néanmoins, notre but principal est d’offrir de nouvelles opportunités aux Namibiens, et leur permettre d’accueillir et guider notre clientèle francophone. Nous offrons une formation complète qui va des techniques de guidage aux cours de français dispensés gratuitement au sein de notre entreprise. C’est un risque certes, car il est arrivé que des guides formés nous quittent à la fin de leur apprentissage, mais nous sommes persuadés que les Namibiens sont les meilleurs ambassadeurs de leur pays, et leur formation est également une garantie pour nos clients et pour notre réputation auprès de nos agents. Aujourd’hui, nous avons parmi nous plusieurs guides namibiens qui parlent couramment français et guident en parfaite autonomie.  

Il ne faut pas oublier notre équipe au bureau : elle a cette même opportunité d’apprendre le français. Tous nos documents de voyage sont en français et sont souvent rédigés par des personnes sans aucune connaissance de la langue française (cela demande une vérification rapide par une personne qui connaît la langue). Pour faire gagner du temps, nous encourageons les consultants à participer aux cours de français proposés gratuitement dans nos locaux, en partie pendant les heures de travail (sur un cours de 1h30, une heure se déroule pendant les heures de travail, et 30 minutes pendant leur pause déjeuner). Environ 50% de nos consultants ont déjà une très bonne notion du français et peuvent le lire (le parler est un peu plus difficile).
20 ans après sa création, Matiti Safaris compte aujourd’hui plus de 60 employés dont la grande majorité est namibienne. Avoir un emploi c’est subvenir à ses besoins, ceux de sa famille mais aussi avoir accès à de nouvelles opportunités au sein de son entreprise. Nous sommes donc fiers de pouvoir rallier nos employés à nos valeurs et faire en sorte ensemble que notre empreinte en Namibie soit la plus vertueuse possible.
Nous nous engageons depuis le début dans des projets solidaires. Nous croyons en effet en un tourisme durable et bénéfique pour tous. Il y a plus de dix ans maintenant, nos employés ont créé un « Social Committee » et aujourd’hui nous avons différents projets et actions mis en place tout au long de l’année :
Nous organisons des soupes populaires dans le quartier de Katutura en partenariat avec l’association Family of Hope qui vient en aide aux enfants défavorisés ou orphelins.
Nous cuisinons et servons des dîners dans une maison de retraite également située dans le quartier populaire de Katutura.
Nous récoltons des habits, jouets et objets courants de seconde main auprès des employés et des voyageurs que nous accueillons et les distribuons lors de soupes populaires ou les vendons à tout petit prix pour récolter des fonds et financer de nouveaux projets.

Les autres projets durables qui nous tiennent à cœur sont :

Le Rhino Tracking

Notre circuit Moringa inclut une excursion avec un ranger local sur les pistes reculées du Damaraland à la recherche des rhinocéros qui vivent en toute liberté dans cette région. Nous proposons également sur demande cette activité dans nos circuits guidés privés.
Matiti Safaris travaille avec les rangers locaux afin de leur fournir du travail, un revenu et de les impliquer dans la protection des rhinocéros. Les rangers reçoivent une formation donnée par le SRT (Save the Rhino Trust). Lorsqu’ils partent avec nos clients en excursion, cela leur permet de donner d’importantes informations aux clients sur l’environnement, leur travail, les rhinocéros mais aussi de faire une patrouille anti-braconnage en bénéficiant de notre véhicule pour cela et de noter tout comportement anormal afin de le reporter ensuite.
En 2018, l’association Save the Rhino Trust travaillant dans la région du Kunene, est fière d’annoncer la naissance de 9 rhinocéros dans la région Erongo-Kunene, contre 0 rhinocéros tué par des braconniers.
Une victoire dans la protection de ces animaux et la lutte contre le braconnage !  Rhino + 9 ; braconniers 0

Go Green Matiti #Less Plastic Is Fantastic

Durant nos circuits guidés, pour augmenter la qualité de notre service, nous offrions chaque jour de l’eau en bouteille à nos voyageurs, qui était jetée une fois vide. Afin d’augmenter notre engagement écologique, et de diminuer la pollution plastique en Namibie, les voyageurs recevront désormais une gourde en cadeau de bienvenue, qu’ils pourront remplir au fur et à mesure du circuit avec de l’eau filtrée stockée dans des containers de 10 litres. Chaque container est stérilisé et réutilisé. Le guide assistera les clients pour remplir leur gourde.
Si vous le souhaitez, pour un coup minime nous pouvons faire mettre votre logo avec celui de Matiti Safaris sur les gourdes. Merci de me contacter si cela vous intéresse.

 Let’s keep Namibia picture perfect !

TOSCO Sponsorship

TOSCO (Tourism Supporting Conservation – https://tosco.org/) est une association namibienne à but non lucratif œuvrant pour le tourisme responsable et la préservation de l’environnement. TOSCO soutient la recherche scientifique, ceux qui vivent avec la faune sauvage et la sensibilisation du public pour le bénéfice de tous.
TOSCO s’engage à augmenter l’impact positif du tourisme sur trois niveaux :

  • Économique en créant des bénéfices financiers pour les communautés locales
  • Social en prenant soin et en respectant les cultures traditionnelles et locales
  • Environnemental en protégeant la biodiversité (faune, flore, paysages)

Matiti Safaris est le sponsor le plus important de l’association TOSCO afin de soutenir ses différents projets : participation aux frais d’adhésion annuelle, versement volontaire d’une contribution fixe pour toute personne faisant des excursions dans les rivières de la région du Damaraland (notamment à la recherche des éléphants du désert, c’est-à-dire dans l’Huab/Aba-Huab, Hoarusib, Ugab…), financements de projets ponctuels au cours de l’année (ex : pour le comptage de la faune sauvage en partenariat avec le Ministère de l’Environnement et du Tourisme et autres associations).
En plus d’un apport financier, l’équipe de Matiti Safaris participe bénévolement et de façon régulière aux événements/projets organisés durant l’année.

Go Green Matiti #CarbonOffSettingProgram

Durant nos voyages, il ne nous viendrait pas à l’idée de laisser des détritus derrière nous et nos guides font de leur mieux pour sensibiliser nos voyageurs sur ce sujet. Mais il existe aussi une pollution invisible qui est celle des moteurs de nos véhicules. Le tourisme est aujourd’hui responsable à hauteur de 8% du réchauffement climatique mondial. Mais la bonne nouvelle est que des arbres peuvent nettoyer cela après notre passage. Encore faut-il les planter !

En 2018, Matiti Safaris a pris part de façon active au projet de pépinière avec TOSCO et ELOOLO PERMACULTURE (http://www.tosco.org/cleantravel).
Depuis le 1er janvier 2019, cette formule est automatiquement incluse dans tous nos départs garantis (Moringa, Visions Australes et Namibian Highlights). Et proposée en option pour nos circuits en version privative aux agences.
Le but étant de proposer à nos/vos voyageurs de réduire leur empreinte écologique en Namibie durant leur voyage en sponsorisant des arbres qui seront plantés afin de compenser les émissions de carbone émises par les véhicules.  
C’est un pas majeur vers un tourisme plus durable que nous prenons ensemble. Un opérateur touristique tel que Matiti Safaris se doit de montrer l’exemple et de prendre ses responsabilités dans le combat contre le réchauffement climatique.

ELOOLO PERMACULTURE plante des arbres dans les communautés locales et les écoles qui en prennent soin et en bénéficient directement à l’aide d’un système de permaculture mis en place, permettant aux familles de profiter des différentes cultures pour se nourrir et en retirer des revenus complémentaires.

Investissement dans l’immobilier

Investir dans l’immobilier est une façon d’aider les personnes à gagner un revenu supplémentaire. Il est difficile pour une personne en Namibie de pourvoir acheter seule sa maison. Nous avons alors créé des associations d’employés avec l’aide de Matiti Safaris pour permettre aux personnes travaillant chez nous d’investir et d’être actionnaires à hauteur de leurs moyens dans l’immobilier.  Une fois cet investissement payé, ils retirent des bénéfices des loyers payés.

Bien sûr nous pouvons toujours mieux faire, et on continue à chercher de produits locaux intéressants à soutenir et des nouveaux projets à développer (toutes vos idées sont les bienvenues !). Le plus important, c’est de commencer quelque part, et d’avancer dans la direction qui bénéficie à tout le monde !

Et si l’entraide était la nouvelle loi de la jungle ?*

*Titre largement emprunté au livre de Pablo Servigne.

Par Thomas Loubert, 36 ans, co-fondateur Togezer.


Nous entendons de plus en plus parler de la notion d’effondrement. On entend par là l’effondrement de notre civilisation telle qu’on la connaît aujourd’hui. Cet article résume bien le concept : qu’est-ce que la collapsologie, cette théorie de l’effondrement de la civilisation ?
C’est un mot fort, volontairement choisi par ceux qui l’utilisent pour marquer les esprits.
Cet effondrement passe par la remise en question de nombreux concepts qui ont été considérés comme acquis et immuables depuis des siècles.
Par exemple, le fait que les ressources naturelles étaient gratuites et renouvelables s’avère faux.
Certains penseurs contemporains comme Pierre Rabhi et Jean-Marie Pelt suggèrent dans leur livre :  “Le monde a-t-il un sens?” que la théorie de Darwin a été mal interprétée :

“L’œuvre de Darwin n’a pas été lue de la bonne manière. La lecture officielle de la théorie de l’évolution est que la nature est régie par la loi de la jungle, la loi du plus fort et que pour les hommes, c’est la même chose. Nous pensons tous les deux que ce n’est pas tout à fait comme cela que ça marche. En réalité, la coopération a un rôle important à jouer dans la nature comme dans la société. Le concept de coopération n’a jamais été pris en compte sérieusement, ni en biologie, ni en sciences sociales. »

Et cette notion de coopération débouche forcément sur des notions de partage et de mutualisation. Tout devient “co”… les espaces de co-working, les lieux de co-living fleurissent dans toutes les villes. Ces mouvements s’expliquent souvent par la flambée des prix et le souhait de réduire des coûts.

Aujourd’hui, ces mouvements de mutualisation ont un réel impact sur l’environnement.

En partageant, nous consommons forcément moins.

Prenons l’image du taille-haie chère à un memberZ. Le taille-haie est typiquement un outil qu’on utilise 3 fois par an maximum. Chaque personne vivant dans le même quartier et ayant une haie va acheter son propre outil car nous avons perdu ces notions de partage. Si au lieu de cela, ces mêmes voisins achetaient un taille-haie en commun et que ce schéma se reproduisait des milliers de fois sur la planète et pour plein d’outils différents alors nous consommerions moins et donc nous polluerions moins.

Ces notions de partage et de mutualisation que nous avions perdues face à la notion de propriété et d’individualisation reprennent leur place dans la société.
Je m’interroge et je me demande si l’inconscient collectif ne nous pousse pas, face une anxiété croissante à se rapprocher les uns des autres, à réapprendre à vivre ensemble en partageant des lieux, des techniques de travail, des bons plans.

Tout le projet de Togezer repose sur cette idée de base : la MUTUALISATION des efforts, des coûts de promotion, des énergies.

Très rapidement, nous avons réuni une centaine de réceptifs qui adhérait à cette idée.
Si nous mutualisons, alors c’est moins cher…

La figure de proue de Togezer c’est (ou plutôt c’était)… la plateforme.

1 – La plateforme

Nous avons commencé par mutualiser des coûts de développement technologique en créant une plateforme all.togezer.travel et accessible gratuitement aux agents de voyages.

Cette plateforme regroupe différents outils pratiques et gratuits pour les agents de voyage :

  • La Connect Now : annuaire interactif pour trouver des réceptifs de qualité ;
  • Appel d’offres : pour contacter plusieurs réceptifs en même temps ;
  • Les Wébinars : mutualisation d’un logiciel de présentation en ligne où les réceptifs présentent leur destination – nous en organisons 2 par semaine.

Vous souhaitez une formation plus détaillée ? Un service personnalisé pour qu’on vous explique où cliquer et surtout avoir un login ! Alors contactez Aurélie, l’agent A – notre perle du Sud.

De nouveaux outils arrivent sur la plateforme début 2020 :

  • La Boussole du voyage

Pendant des années nous pensions en tant que réceptif que nous faisions du “sur mesure” alors qu’en fait nous faisions du “à la carte.”
À la carte, car le client nous demandait et nous lui donnions ce qu’il voulait.
La boussole du voyage est un outil qui permet de faire du vrai sur mesure.
À travers un questionnaire, le client est amené à se poser des questions qu’il ne se serait pas forcément posées. Nous le poussons à réfléchir aux VRAIES motivations de son voyage.
Ce questionnaire permet également de connaître le profil du client, c’est-à-dire savoir s’il est plus visuel, auditif ou kinesthésique …
Vous ne mettrez pas une chambre où on entend la mer à un client dont le profil est plus auditif, le bruit pourrait le gêner même si pour vous ce bruit est agréable et vous berce …

La force de l’outil est surtout d’être connecté par un système de tags (d’étiquettes) à des circuits ou des modules déjà prédéfinis dans la base commune des réceptifs souvent équipés du même logiciel : Toogo.
Les résultats de la boussole permettent de sortir rapidement des itinéraires correspondants au profil du client.

Cet outil a été développé par mon associé Fabrice pour Terra Group et Serendip, et est utilisé aujourd’hui par les commerciaux.

Nous allons assez vite mettre online sur la plateforme une boussole spécifique Togezer, accessible et utilisable par les agents pour leur propre profil de prospects.

Pour ceux parmi vous qui souhaitent une boussole customisée et à vos couleurs, nous le faisons. Contactez Fabrice: fabrice@togezer.travel

Vous pouvez la tester ici : https://www.terra-group.com/test-voyageur/ ou encore ici : https://www.serendip.travel/boussole-voyage-annecy/

  • Team messaging

Dans la plateforme vous pourrez “tchatter, discuter” entre les utilisateurs de la plateforme.
Si vous travaillez dans la même agence alors vous pourrez discuter entre collègues… fini Whatsapp – Togezer is in the place !

Mais ce socle technologique n’est rien sans l’humain.
Cela a vite été remplacé par la mutualisation d’énergie à travers les événements que nous organisons toute l’année. Et nous nous sommes rendus compte alors que la technologie n’est qu’un outil au service de l’humain.

Et que le vrai socle de Togezer, c’était l’humain et la mise en relation.

2 – Les Événements

Tout au long de l’année, nous organisons des événements gérés avec talent par Rémy (qu’on appelle Rémite au bureau).

Nous avons commencé par la CARAVANE.

Objectif : mutualiser les coûts d’organisation – au lieu que 10 personnes organisent leur voyage de prospection chacun de leur côté alors il faut mieux qu’une seule personne s’en charge et que chacun paye le salaire de cette personne. Pareil pour les listes de prospects, chaque réceptif tous les ans fait sa liste de prospects en vue de son voyage commercial. 
Autant qu’une personne le fasse une fois et le partage à ceux qui souhaitent et payent une partie de son salaire.

Et hop – la caravane était née…

Rapidement, nous nous sommes rendus compte que cet esprit de partage se propageait et nous avons assisté pendant les caravanes à des échanges de bons plans. Tel réceptif recommandait son meilleur client à un autre réceptif, un autre recommandait un logiciel à un autre réceptif.
Quand la confiance est instaurée alors les gens collaborent et même des concurrents deviennent amis…

Puis, nous avons sorti les Breakfast ou les Petits Déjs
Le principe est simple : un réceptif paie très cher pour aller sur le salon à Top Résa, certains réceptifs ne peuvent pas se payer de stand. 
Si nous mutualisons les coûts de la brasserie en face de Top Résa alors cela n’est vraiment pas cher pour les réceptifs : 150 euros / réceptif / matinée… Prix imbattable !

Et comme toujours en plus de cela, nous mutualisons les clients. Une agence de voyage qui vient voir son réceptif sur la Namibie verra dans la même salle 20 autres réceptifs qu’elle ne connaît pas… Tout le monde est gagnant.

Dernier événement mutualisé : la participation de Togezer aux Universités de Prêt à Partir.
Dans un grand chapiteau, nous réunissons 30 réceptifs qui présentent toute la semaine leur destination auprès des agences de voyage du réseau Prêt à Partir.

3 – Les Collections

Ce travail techno et de réseautage a besoin d’être appuyé par du contenu. Chaque réceptif est capable de créer un voyage original et insolite comme un voyage autour du vin. Mais ce circuit est toujours difficile à vendre – seul sur une destination. Prenez le même thème et faites le même circuit sur plusieurs destinations.Alors c’est beaucoup plus facile à vendre et l’agent de voyage a beaucoup plus de facilité à l’intégrer à sa production. Nous avons développé plusieurs thèmes de collections originaux et insolites que nous fournissons clé en main. Nous pouvons également, comme nous l’avons fait pour Univairmer, monter une collection spécifique pour votre agence ou votre réseau. 

Zemma la guerrière basée au Costa Rica s’occupe de cela et relance inlassablement les réceptifs pour faire remonter les circuits !
Nous travaillons actuellement sur une collection FAMILLE.

4 – La Web Agency

Tous les réceptifs ont des besoins en développement de site internet, en animation de réseaux sociaux. Mais cela coûte cher et surtout quand il faut choisir un prestataire, les réceptifs ont besoin d’avoir confiance et quelqu’un qui connaît leur métier. Zarah, notre associée de la première heure, motivée et chanteuse à ses heures saura écouter vos besoins ! Et si vous aimez la com’ de Togezer alors c’est elle qu’il faut féliciter!

5 – L’énergie humaine

Nous nous sommes rendus compte que Togezer est une fabuleuse machine à mutualiser les énergies humaines. Lequel d’entre nous n’a jamais la veille d’un salon soupiré en disant à son conjoint ou à ses amis la flemme qui s’emparait de lui à l’idée de partir en déplacement ? Et pendant l’événement une magie s’opère, entouré de tous vos collègues, partenaires vous prenez un shoot d’énergie gigantesque et vous êtes blindé d’adrénaline. Pendant ces réunions les idées fuses, l’intelligence collective se met en place, des milliers de projets se créent. Peu importe si à la fin seuls quelques-uns se mettent en place, vous revenez l’esprit plein de positivisme et d’énergie. Togezer est aussi ce catalyseur et il est notre moteur tout au long de l’année.

Alors oui, tous ces outils nous montrent que l’entraide et l’associativité permettent de grandir plus vite et mieux. La loi du plus fort a fait son temps finalement, et c’est ensemble que nous construisons un avenir différent.

Le réchauffement climatique et ses conséquences peuvent mettre en péril notre métier ou du moins le menace fortement. À travers le Yakafokon, nous essayons de cultiver cette intelligence collective, nous essayons de mettre en avant ces énergies individuelles qui peuvent, à plusieurs, faire réfléchir et faire sortir de nouvelles idées.

Togezer lance donc un club ouvert à tous, nous mettons à disposition une biblio mutualisée pour que chacun puisse se former à son rythme sur les causes et conséquences du réchauffement climatique. Cette bibliographie n’est pas exhaustive, elle s’enrichit chaque jour, vous pouvez recommander certains ouvrages, donnez votre avis sur une vidéo afin que chacun puisse gagner du temps et attaquer les sujets qui l’intéressent.

Le vrai projet de Togezer, c’est finalement de mutualiser et que les petits producteurs (de voyage aujourd’hui et peut-être d’autre chose demain …) puissent ensemble porter un message et avoir un impact plus important sur leur secteur d’activité.

Le futur ne manque pas d’avenir

Par Fabrice Pawlak, 49 ans, co-fondateur Togezer, sérendipien since 1970. 


Fabrice Pawlak, co-fondateur togeZer

Il y a 15 jours, j’eus la chance d’assister à Paris à une passionnante conférence sur l’exploration de la planète Mars donnée par l’un des pères de la conquête spatiale française. Depuis toujours, je dévore les derniers livres d’astronomie ou de manière générale à tout ce qui touche au Big Bang, au pourquoi ou au comment de la vie, à Tolkien, bref, je me pose 10 000 questions comme beaucoup.
Puis vint la séance de questions au conférencier, et j’en profitais pour poser la mienne …
Vous venez de parler des projets Mars 2040 et 2050, je me demande quel sera le carburant de cette exploration vu que d’ici 2040, nous en aurons probablement fini de notre stock en pétrole ? ”
C’est alors que l’illustre conférencier se mit en colère et me qualifia de “collapsologue” avant de se calmer et de répondre posément qu’effectivement, l’unique carburant envisageable en 2050 est éventuellement l’énergie nucléaire. 

Thomas, mon associé de Togezer, dans son édito, me présenta comme son “déclencheur”. Chacun, sur ce sujet, a sa propre histoire et son rythme (les 7 étapes du deuil : choc et déni – douleur et culpabilité – colère – marchandage – dépression – acceptation – reconstruction). Pour mon ami Jean-Claude Razel, par exemple, réceptif aventure au Brésil, ce fut le vendredi 28 juin dernier, alors qu’il se trouvait précisément à Gallargues-le-Montueux, à l’ouest du Gard, où fut enregistrée la température record all time en France de 46 °C. Il me raconta qu’il fut saisi d’une grande peur et de l’impression que tout allait s’embraser en un claquement de doigt. C’est ainsi qu’il bascula.

Pour ma part, mon “Messager”, c’est tout d’abord monsieur Jean-Marc Jancovici, dont je lis et écoute à peu près tout depuis 10 ans (voir carbone4.com, theshiftproject.com, jancovici.com) et j’en profite pour lui témoigner dans ces illustres colonnes du Yakafokon ma plus grande reconnaissance. Merci monsieur Jancovici. 
Mais mon déclencheur, dans la vraie vie, c’est ma fille Kea, qui passait son bac en juin 2019, et qu’il a fallu aider, orienter quant à son avenir, puis préparer et transporter à différents oraux de sélection post-bac. Et c’est ainsi que je me suis plongé comme jamais sur le sujet du futur. C’est aussi un peu ma mission à Togezer ou à Terra. Sans le savoir, mon année 2019 allait être consacrée à la prospective …
Quel monde demain et après-demain ? Comment s’y préparer ? Que conseiller à une jeune fille de 17 ans ? Et au-delà, quel avenir professionnel pour le voyage dans un monde low-carbone et low-tech ? 
Et ce qui était avant un peu un hobby devint un sujet central, avant de devenir un sujet unique qui allait dévorer tout mon temps libre des 6 derniers mois. J’y ai passé tout l’été … jusqu’à faire mon coming out auprès de mes collègues, avec l’impression d’être arrivé en retard sur le sujet, mais une fois dedans, de toute façon en avance de quelques mois sur les sceptiques ou sur ceux qui préfèrent s’enfermer dans leur cave et éteindre la radio mais qui finiront par en sortir.
La baisse inexorable des ressources disponibles n’est pas une croyance, c’est un fait qui repose sur la finitude de la planète, et qui est amplifié par une population toujours plus grande consommant toujours plus. La courbe de la démographie est directement et fortement corrélée à la consommation d’énergie. Les arbres ne montent pas au ciel.
Ainsi, j’appartiens à cette minorité grandissante pour laquelle il y a un avant et un après été 2019. Encore merci aux précurseurs.
Les scientifiques se battent depuis 5 décennies pour nous mobiliser et on les imagine abattus devant le résultat. Il semble que le message purement technique ou scientifique (indiscutable et indiscuté) ne marche pas pour la majorité. 
Nous ne croyons pas ce que nous savons !
(à lire sur ce sujet: http://amaninthearena.com/biais-de-confirmation/)

Ils devront peut-être, pour gagner en efficacité, associer au message scientifique apolitique actuel: les arts, la culture, différentes formes du récit, et des émotions. Après 12 ans d’effort, Jancovici, l’une des “anti-stars” du milieu “écologie politique”, va rassembler peut-être 50 000 vues sur Youtube alors que Kim Kardashian va se casser un ongle et rassembler 1 000 fois plus de monde. Jancovici et consorts ne sont jamais plus convaincants que quand ils se livrent en fin de conférence, en parlant d’eux et de leurs ressorts intimes, quand ils doutent et sont humains et vulnérables, plutôt qu’une machine rodée que la plupart n’a pas envie d’écouter.
Il faudrait aussi que la communauté artistique et culturelle (et pourquoi pas nous ?) se bouge un peu pour aider les scientifiques, que l’on sent à bout de forces, et finalement les seuls à essuyer les critiques de ceux qui ne font pas grand chose.

L’art et la culture, le récit, la rencontre, l’altérité ou “la quête de l’autre ou d’un ailleurs en quête de soi”, le dépassement de soi (car pour baisser volontairement son niveau de consommation, il faudra se dépasser !), voilà autant de raisons du voyage : découverte, émotion, partage, curiosité, sérendipité, associativité. Le voyage, tout comme les caravanes d’antan, est d’abord une source d’échanges. Même s’il est polluant au même titre que les autres activités humaines, le tourisme sobre est un outil à notre disposition en vue d’un monde résilient. Et c’est notre métier !

Pour le constat sur l’état de la planète et de son évolution, d’autres savent mieux l’exprimer que moi, et ce Yakafokon n°2 l’exprime déjà de 10 façons différentes. Je vous invite simplement, si cela vous intéresse, à lire les 2 courts textes résumant bien la situation:
https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/colapsologie-prise-de-conscience-recente-ou-bon-vieux-malthusianisme
ou
https://theshiftproject.org/ambition/

J’ai donc passé les derniers mois à lire ou à écouter tout d’abord Jancovici, Servigne, Cochet, Bihouix, Rob Hopkins et je suis ensuite passé à d’autres styles et je peux citer l’ensemble des podcasts : Présages, Sismique, Thinkerview, Rendez-vous avec le futur, France Culture. C’est passionnant et motivant. Je découvre plein de choses à 49 ans et je rencontre différemment plein de personnes, et à plusieurs titres, je vis une période exceptionnelle. Tout ceci n’est pas qu’anxiogène et déprimant !

Une fois ma “conscientisation” réalisée, et une bonne phase de décantation, il a bien fallu traduire professionnellement et concrètement ce nouveau bagage très lourd. Je suis passé par toutes les phases et j’ai vécu intimement, depuis, les effets de mon positionnement, que ce soit auprès d’amis, d’associés, de collègues ou dans le cercle familial. Ce sujet est évidemment anxiogène et conflictuel mais plus que cela il vous expose, mêle le professionnel et le privé, il oppose convictions et intérêts, il affiche ses propres contradictions, sans parler des incertitudes sur le sujet et croyances diverses. J’ai même traversé une période d’hyper-sensibilité, à pleurer une fois par semaine, et parfois en plein salon devant un prospect, pour un rien. Bizarre. 
Ça change le bonhomme.

Dès le départ, pourtant, je choisis le “low profile”, concrètement le partage d’opinions et jamais le jugement. Mais on ne peut rien y faire, malgré toutes les précautions, l’épisode de la question sur Mars illustre parfaitement la situation, même auprès de gens très qualifiés. 
Il s’agit ici d’une remise en cause profonde de notre mode de vie, de notre civilisation, de notre relation à l’autre, de nos convictions politiques, en gros, cela remet tout à plat, et cela dépasse rapidement le cadre du tourisme, en témoigne cet article ou le débat à la télé hier soir sur le thème “Toutes les opinions sont-elles bonnes à dire ?”. Ces invités de haut niveau répondaient tous oui à la question mais s’invectivaient avec une rare agressivité.
Voilà tout le problème et j’ai fini par le dire avec cette formule que mon entourage ne supporte plus :“Je suis prisonnier et soldat d’une prison et j’ai décidé de m’échapper”.
Donner son opinion sur ce sujet est souvent perçu comme un jugement moral par l’interlocuteur, ou comme moralisateur, radical, parfois même présomptueux.
Et pourtant, même “conscientisé”, faut bien continuer à bouffer, et à vivre tout court, à travailler sur “aujourd’hui”, et faire des compromis avec ses convictions. 
Mais mieux vaut vivre d’échecs que de regrets, alors on s’est décidé à faire notre part de Colibri, au niveau personnel et professionnel.

Au cours des semaines récentes de salons et de caravanes, j’ai constaté aussi que nous sommes nombreux à sentir que nous vivons une période extraordinaire, au sens littéral du terme. Sur les pentes de l’Etna, 48h avant une éruption volcanique, les chèvres descendent se réfugier en plaine… Certains parmi nous ont cette impression et se posent des questions nouvelles : « Quel est le sens de mon boulot ? », « Quel est le sens que je souhaite donner à ma vie ? », et c’est assez nouveau pour moi d’aborder ces questions sur les salons professionnels.

Les sciences économiques ne sont pas des sciences exactes, d’ailleurs les économistes se plantent toujours, et c’est peut-être parce que le raisonnement est faux ?
L’économie de marché se base sur le fait que chacun est un acteur économique maximisant son intérêt, dénué du soucis de l’intérêt général ou d’Utopie. Et bien, je ne me reconnais pas dans ce portrait.

Ensuite, le productivisme (socialisme, capitalisme, communisme) repose sur la conviction que les ressources naturelles sont à la fois gratuites et abondantes. Non seulement leur prix est de plus en plus élevé (déchets, pollution, chute drastique de la biodiversité en 20 ans, extraction, disponibilité, …) mais la plupart des stocks sont largement entamés. 
Porté par des théories qui légitiment l’appropriation et l’exploitation illimitée de l’environnement par et pour l’Homme, le productivisme et son objectif, la croissance, se sont identifiés depuis au Progrès, qui serait donc l’augmentation des besoins et des biens. Au final, le progrès d’un pays se mesure par son PIB, et l’objectif est l’enrichissement maximal. 
Constatant le problème de la finitude des ressources, des économistes proposent l’alternative de la croissance verte qui repose sur le découplage de la croissance et de l’énergie, ou dit autrement, que l’on va faire de la croissance avec moins d’énergie. Je comprends qu’on a beaucoup envie d’y croire mais je ne comprends pas qu’on puisse y croire. 
Les économistes me font penser aux géologues d’autrefois qui considéraient la croûte terrestre comme immobile (jusqu’en 1960) et qui refusèrent pendant 40 ans de croire en la tectonique des plaques de Wegener sans doute parce qu’il était climatologue. Et bien la croissance verte, je préfèrerai ne pas parier dessus, et je n’ai pas envie d’y participer. 
C’est pour cela que je ne suis pas fan de la compensation carbone, souvent défendue par les mêmes qui prônent la croissance verte. 
Il faut baisser notre consommation individuelle de ressources ET planter des arbres ET nous éduquer ET nous responsabiliser ET militer ET essayer d’être un exemple ETC. Il faut tout ça et sans doute plus, et vite.

A Togezer, on se pose ces questions et on cherche des réponses.
En chemin, on s’est rendu compte de plusieurs choses importantes que je partage avec vous : il ne faut pas rester seul, et il faut en parler, partager. On trouve refuge dans l’action et dans le partage. Et c’est ainsi qu’on a créé une sorte de club informel des “écooliques anonymes”. Ça nous a fait du bien, ça nous fait du bien, et ce club vous est ouvert. On croit en l’avenir, et on s’y marre bien ! 
Aussi, la principale difficulté, en général, est la cellule familiale. Un membre de la Togezer me racontait ses conflits familiaux ou de voisinage dès que l’on songe à toucher au confort matériel du quotidien. Ce membre est génétiquement un low-tech-man et pour l’anecdote je vous raconte sa réunion avec ses voisins : 
“Chacun d’entre nous a une tondeuse, ou un coupe-haie personnel pour s’en servir 3h par an… et si on partageait un super coupe-haie ?”. Ses voisins l’ont pris pour un marginal. Bref, y’a du boulot et pourtant il existe tant de solutions disponibles, durables, économiques, cela s’appelle le low-tech (à lire le livre de Bihouix, “l’âge des low tech”).

Rien ne sert de convaincre, cela ne marche pas comme cela. Il faut simplement aider les gens à se documenter, cela doit venir d’eux. 

MEDIATHEQUE APRES-DEMAIN

Pour cela, nous avons monté une médiathèque complète de livres, podcasts, vidéos. Elle est ouverte non seulement aux membres de Togezer mais aussi à vos amis, à vos proches, à vos concurrents, à vos collègues. Cette médiathèque, déjà étoffée, sera enrichie les prochains mois par nous, par vous et elle est adossée à un Gsheet d’évaluations des références ou chacun(e) est invité(e) à donner une note et un commentaire. 
Il vous suffit de nous demander un accès. Bienvenue au club.

Coté Biz :

Le côté positif, c’est qu’en même temps que de constater que certains prospects m’évitent désormais dans les couloirs des salons, en particulier les anglo-saxons (“this debate is so frenchy !”, c’est vrai que Tibo les regardait tout en mimant une lame avec son pouce sur le cou, il est con hein ?), j’ai changé en bien ma relation avec d’autres. 
En fait, je vis tout cela comme une renaissance bienvenue, cela donne beaucoup plus de sens à tout, et surtout cela me conduit à rencontrer “mieux” plein de gens, et de partager plus. J’ai même constaté que cela pouvait être efficace en affaires. En effet, sur 4 prospects qui allaient peut-être travailler avec moi un jour mais qui finalement étaient juste-à-fond-comme-tout-le-monde pendant le salon, et bien j’ai fini mes derniers salons avec le résultat suivant :
Il y en a 3 qui ne travailleront définitivement pas avec moi dans les 2 prochaines années et nous ne perdrons pas notre temps à rediscuter et à faire semblant. Mais le 4ème, c’est certain, on travaillera ensemble parce que nous partageons cela. 
Cela ressemble à une formidable “aubaine” pour celui qui allait continuer à travailler dur pour finir le plus riche du cimetière, et sans doute trop tôt.

Il n’y a pas de sens à travailler toujours plus pour gagner toujours plus pour consommer toujours plus de ressources. Il n’y a plus de sens non plus à regarder mes droits d’Homo Sapiens sans les associer à mes devoirs d’Homo Sapiens appartenant à un écosystème qui s’appelle la Terre. Nous allons vers la décroissance (de consommation de ressources/habitant) et c’est non seulement inéluctable, c’est aussi une bonne chose. Je suis moins inquiet pour mes enfants depuis que j’ai réalisé que la croissance pour la croissance, c’est le modèle insensé de ma génération et qu’il est temps de passer à autre chose. Plutôt participer à un monde de coopération que de compétition. Plutôt tenter la sobriété que l’excès, ça rend sûrement plus heureux.
Les espèces qui s’en sortent le mieux, ce ne sont pas les plus fortes, ce sont les plus coopératives (selon l’associativité de JM Pelt, “le monde a-t-il un sens ?”). Ça tombe bien, on a monté Togezer, tout est dit dans le nom du produit.

Nous allons chercher à croître notre satisfaction d’aller au travail.

Soyons lucides : les seuls gagnants du marketing digital, ce sont ceux qui dégradent l’environnement. Refusons collectivement d’engraisser les acteurs du numérique ! Si seulement on pouvait tous nous mettre d’accord pour ne pas prendre d’Adwords ! A chaque forum ou convention des leaders du tourisme, il y a les experts du e-marketing, les blogueurs professionnels, etc. qui viennent nous expliquer que ce qui compte dans nos voyages, c’est le bonus social, les selfies, le prestige de l’exclusivité, le lundi de retour au bureau. Aussi, à chaque moment vraiment convivial, sympa à vivre, il faut s’arrêter pour prendre une photo pour les réseaux sociaux et ainsi gâcher l’instant pour lequel, au fond, je travaille.

Les vidéos privées des réseaux sociaux qui n’intéressent personne polluent presque autant que le transport aérien civil, ne faudrait-il pas lancer la Videoskam en plus du Flygskam? 

Soyons pour la taxe numérique, la taxe carbone, et tout ce qui détruit notre environnement social et naturel. Soyons réalistes, rêvons ! Pour s’en sortir collectivement, soyons un peu utopistes !

TogeZer 2020

Notre objet social va se simplifier : être utile !

Nous allons bien sûr poursuivre nos actions afin que les memberZ en aient pour leur abonnement. Mais nous renonçons à défendre un business auquel nous ne croyons plus. Et cet article, nous le savons, fera son travail et certains parmi vous nous quitteront. 
Et si nous sommes sincères, alors peut-être qu’il y a tout autant de vendeurs de voyage qui pensent exactement comme nous et nous aurons plaisir à travailler ensemble.

On pense que la seule solution pour éviter l’ingérable de notre vivant, c’est que la société civile réagisse massivement, urgemment, collectivement. Et que cela commence par moi, chez moi, et dans mon entreprise, puis chez mes clients, chez mes fournisseurs. Chacun a son rythme. Peut-être est-ce du militantisme, c’est bien possible, mais mes associés et moi, sentons que c’est notre responsabilité.

Ce qui nous semble utile et notre rôle :
Fédérer des réceptifs qui vont chercher à rendre leur activité plus sobre et plus vertueuse, pour ensuite aller défendre leurs couleurs et leur diversité avec passion.

Et avec eux, partagez nos réflexions, nos bonnes pratiques, avancer ensemble pour co-construire une charte commune. Ce sera la suite du Yakafokon, une sorte de think tank à notre niveau. Ne nous sous-estimons pas, nous réceptifs, et regardons plutôt la masse d’expertise que nous réunissons ! Et combien parmi vous pourraient aussi écrire un article dans ce Yakafokon ?

Poursuivre nos actions de mutualisation (Yapluka, plateforme, e-services, caravanes promotionnelles)

Ouvrir et étoffer notre médiathèque sur le monde de demain low-tech, low-carbone à tous ceux qui le souhaitent : participer activement, intelligemment, à la conscientisation de nos interlocuteurs : nous-mêmes, nos employés, nos prestataires, nos clients, à travers une fiche d’information « climat » à la vente de chaque voyage. Cette fiche d’information aurait pour objectif d’expliquer les raisons du réchauffement climatique, la décarbonation de notre société et donner des ordres de grandeur pour qu’une fois rentré chez lui, le voyageur puisse mettre en place des actions qui font la différence. Le principal ennemi, c’est la désinformation ou le manque d’information qui conduit à des petits gestes bienveillants (et utiles !) qui ne règleront pas les grands problèmes. Il faut que chaque citoyen, chaque entrepreneur, chaque salarié, qu’il soit boulanger, instituteur, au chômage, agent immobilier, premier ministre, soit informé pour éventuellement modifier son comportement. Nous pensons qu’il s’agit là de la méthode la plus efficiente à notre portée. Imaginez si nous sommes un million à faire cela ? Nous sommes peut-être déjà beaucoup plus nombreux ! Et c’est facile à faire, alors pourquoi pas ? 

Rédiger une fiche d’information que chacun des membres sera invité à personnaliser et à envoyer à chacun de ses fournisseurs, employés, clients, voisins.

Explorer le monde des Creative Communs et de l’open-source, et cela pourrait concerner notre logiciel à sortir, la BOX (qui permet de reproduire à moindre coût la plateforme actuelle Togezer).

Et préparez éventuellement un plan B, en 2020…. 

Voici comment nous comptons nous y prendre : vous pousser à explorer chez vous le monde de demain : le recyclage, la réparabilité, l’économie circulaire, la sobriété énergétique, les monnaies locales, la permaculture, l’habitat, l’entraide, la résilience et l’ingéniosité locales, la traction animale, le glocal, l’art, la culture, le savoir, le low-tech, le low-carbone, l’art du récit, le producteur de ski en bois, de semences paysannes, de spiruline, les écovillages ou zad ou autres tentatives d’une vie différente. 
Pour ensuite enrichir nos voyages de visites sur ces lieux, et ainsi augmenter leur contenu et votre savoir faire.
Au final, l’avenir du monde, c’est sans doute le mode de vie non pas de l’Amérique mais … de l’Afrique ! L’innovation low-tech, low-carbone est en Afrique !
Pour ensuite, pourquoi pas, voir certains parmi vous pivoter vers une activité d’abord complémentaire et sait-on jamais, importante demain.

Nous envisageons sérieusement une BOX du monde de demain, qui au lieu de mettre en relation suppliers et buyers de voyages, sera une plateforme d’échanges de savoir-faire, de produits uniques, de semences, de bonnes pratiques, de troc entre un producteur de spiruline au Tchad et un producteur de quinoa dans les Andes, ou un exploitant d’espace forestier. 
En somme, nous considérons que notre communauté de professionnels du voyage est d’autant plus en danger qu’elle est éloignée de son public (typiquement, le dmc en Nouvelle-Zélande travaillant avec le marché francophone).
Avec la même lucidité, nous voyons ce réseau mondial de réceptifs comme un formidable socle d’experts worlwide de la logistique, curieux de tout et ayant chacun un formidable réseau local dans les endroits les plus reculés de la planète.
Notre BOX pourrait les mettre en réseau ! Et c’est un avenir possible, ambitieux et très enthousiasmant. Ensemble, en confiance, on se dit même que c’est une fucking good idea. 
Affaire à suivre.


Alerte lancée par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dans la 10e édition de son « Emissions Gap Report », publiée mardi 26 novembre 2019:

« Notre incapacité collective à agir rapidement et énergiquement contre le changement climatique signifie que nous devons dès maintenant réduire considérablement nos émissions, prévient Inger Andersen, la directrice exécutive du PNUE. Cela montre que les pays ne peuvent tout simplement pas attendre la fin de 2020 [et la COP26] pour intensifier leur action. Ils doivent agir maintenant, ainsi que chaque ville, région, entreprise et individu. »

« Des transformations sociétales et économiques majeures doivent avoir lieu au cours de la prochaine décennie pour compenser l’inaction du passé, notamment en ce qui concerne la décarbonisation rapide des secteurs de l’énergie, du bâtiment et des transports »

« Chaque année de retard à partir de 2020 nécessitera des réductions d’émissions plus rapides, ce qui deviendra de plus en plus cher, improbable et difficile »

« Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l’accord de Paris sur le climat »

« Nous laissons aux générations futures un monde où non seulement le réchauffement sera très important, mais où il faudra aussi pomper le CO2 que nous émettons aujourd’hui. C’est très problématique d’un point de vue éthique »

L’Édito de Tom, le vrai…

Mais tu peux pas être écolo ! Tu vends des voyages !

Voilà ce que vous risquez d’entendre les prochaines années… voilà ce que nous entendons parfois depuis quelques mois; depuis que nous avons eu une crise “d’éco-conscience”.
Fabrice, mon associé, a commencé à m’envoyer des “signes” courant juillet en me demandant comment était le climat à Marseille, ce que j’en pensais. Je répondais naïvement “Ben il fait chaud et j’adore quand il fait chaud…
C’est en août, quand il m’a appelé que j’ai vite senti que beaucoup de choses se bousculaient dans sa tête. Il me recommanda alors d’écouter Jean-Marc Jancovici et son interview sur le site de Présages : https://www.presages.fr/blog/2018/3/12/jean-marc-jancovici.

Et à partir de là, il n’a eu cesse de m’alimenter de livres, podcasts, vidéos sur le sujet… mon associé a été mon “déclencheur” sur cette prise de conscience.
Chacun aura son déclencheur, son révélateur, et nous avons décidé que Togezer devait essayer humblement de jouer ce rôle en lançant une réflexion, un think tank autour de ce sujet.

De quel sujet parle-t-on ?

Ce que nous avons réalisé dernièrement, ce n’est pas juste que la Terre se réchauffe et que l’humanité pollue trop. Nous l’avons traité d’abord comme de la gestion de risques en évaluant les conséquences et les probabilités de chaque scénario sur la table: conséquences politiques, économiques, sociologiques, professionnelles, personnelles. Au final, cela a affecté notre manière de penser et d’appréhender l’avenir.
Cette vidéo courte et dynamique définit bien le sujet : cliquez ici pour voir la vidéo

Sans vouloir faire une explication exhaustive, voici quelques éléments clés sur notre cheminement.
L’Homme est obsédé par le concept de croissance de la production. Tout notre système économique actuel est basé là-dessus.

Il est également basé sur un postulat de départ exprimé par Jean-Baptiste Say dans son cours complet d’économie politique pratique, en 1828-1930 :  » Les ressources naturelles sont inépuisables, car sans cela nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées, ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques.  » 

Malheureusement, ce postulat est faux, on le sait aujourd’hui avec certitude, les ressources sont épuisables et ne sont pas gratuites.

Rien de nouveau sous le soleil me direz vous. Mais imaginez un monde où effectivement le coût de l’énergie augmente drastiquement, débouchant sur une augmentation forte du prix de tous les produits carbonés, c’est à dire à peu près tout. Essayez de passer une journée à réfléchir à l’impact carbone de tout ce qui vous entoure, de ce que vous achetez, de ce que vous jetez…
C’est à devenir fou de se rendre compte à quel point nous sommes intoxiqués au pétrole, à la croissance…

Le système est lancé dans une course folle, nous sommes tous conscients de cela et nous ne savons pas comment le ralentir, l’arrêter. A sa manière, chacun y va de son geste, de son implication tant que cela ne bouleverse pas son confort. C’est tellement difficile d’essayer de changer ! Je vis toutes ces contradictions au quotidien.

Alors que pouvons-nous faire ?
Cet article résume bien la problématique :
https://youmatter.world/fr/ecologie-eco-gestes-impact/

La solution viendra de ceux qui osent “rêver et imaginer ”

La solution doit venir des citoyens mais aussi de ceux qui ont un impact plus global.
Malheureusement, les grands acteurs économiques, les hommes politiques n’arrivent pas à prendre conscience de l’urgence, ou tout simplement n’arrivent plus à sortir du système en marche.

A quel moment la prise de conscience s’emparera de tous ces acteurs ?
A quel moment cela déclenchera l’innovation, l’invention suffisante pour ralentir et permettre de continuer à croître autant en ayant un impact écologique minime ?

Nous n’avons évidemment pas la réponse à cela et nous ne portons aucun jugement face à ce manque de réaction.

Cependant, nous pensons qu’une part de la solution viendra de ceux qui osent rêver, imaginer un monde différent et meilleur.
Cette peur, ou cette déprime qui peut s’emparer de nous face à un constat anxiogène, sera génératrice d’idées et nous poussera à nous réinventer.

Alors, humblement et parce qu’il faut bien commencer quelque part, nous allons lancer Togezer et ses membres dans cette réflexion commune. Beaucoup d’énergie se dégage de cette “bande de réceptifs” que vous êtes et de tous ceux qui “virevoltent” autour de Togezer.

Imaginez si nous mettons toute cette énergie à réfléchir à un tourisme différent, meilleur.
Imaginez si nous réfléchissons ensemble à rendre nos entreprises plus durables, autant écologiquement qu’économiquement.
Imaginez que nous réfléchissions ensemble à des systèmes de management et d’organisation plus horizontaux et plus justes…

Dans 20 ans, même si on se trompe, on aura participer à changer certaines choses et on l’aura fait ensemble… Togezer…
Tous ces changements vont clairement avoir un impact sur notre métier qu’on le veuille ou non, en tout cas, je le crois.
De quelles manières ? Je n’en sais rien. Les touristes vont-ils arrêter de prendre l’avion et se tourner vers la micro-aventure ? 
Vont-ils décider de voyager plus longtemps dans chaque destination, en voyageant moins mais mieux ?
Allons-nous être obligés de voyager virtuellement via des casques de réalité virtuelle ?

Des questions plus larges se posent aussi. En terme de management par exemple, les nouvelles générations arrivent sur le marché du travail avec cette volonté de donner du sens à leur métier, à être des éco-citoyens responsables et ils cherchent un système plus juste, loin des modèles verticaux que nous avons connus.

Puis, nous avons dressé chez Togezer quelques pistes de réflexion en anticipant le prochain numéro du Yakafokon qui aura pour objet : “ Quelles solutions pour après-demain et comment augmenter l’intérêt sociétal de nos entreprises ?
Ce sera le thème du prochain Yakafokon, à sortir dans quelques mois, et l’idée est d’aller au delà du constat et tenter d’inventer le voyage de demain. Nous avons déjà reçu une dizaine d’articles remarquables, voici un petit teaser: le slow travel, cinema&voyage, famille&voyage, voyage et serendipité, voyage local, le trek2020, partager la vie locale, l’oenotourisme, microaventure, voyage & tour du monde en voilier…

Vers un plan B

Je suis associé de Terra Group, un groupe de réceptifs, co-fondateur de Togezer et je ne m’imagine pas en tant qu’entrepreneur ne pas commencer à réfléchir à un “plan B” face à ce qu’il se passe. Je ne souhaite pas que nos associés, nos salariés, nos partenaires externes, et par extension ma famille et moi-même soyons impactés par ce qui risque d’arriver faute de “courage et de vision”.

Le plan B : c’est utiliser notre réseau, notre expertise et bouleverser notre business model, nos organisations pour nous préparer à ce qui arrive.
Dans le cas du tourisme, cela peut nous amener à remettre totalement en cause le produit que l’on vend : le voyage.
Un réceptif a souvent un excellent réseau local, en plus de vendre du voyage c’est un fabuleux logisticien, avec des équipes bien implantées dans le pays qu’il opère.

L’objectif du plan B est d’utiliser ces ressources pour développer une autre entreprise en parallèle de son métier actuel. Ainsi son entreprise a deux activités, et en cas de chute du tourisme alors il peut bifurquer sur l’autre activité.
Comme disait Lavoisier : “Rien ne se perd tout se transforme” et le réceptif pourra alors s’en sortir. 

Et dans le meilleur cas, c’est à dire le cas où nous aurions tort et que le tourisme continue sur sa croissance, que l’on trouve des solutions vertes et durables pour continuer à voyager, alors nous aurons deux métiers et nos entreprises seront encore plus florissantes.

Ce n’est pas la première fois que nos entreprises sont confrontées à une telle transition. Ces débats ont également eu lieu lors de la transition digitale qui a bouleversé notre métier.
Ces transitions entraînent la confrontation de deux “visions” de l’avenir faisant appel aux mêmes leviers.
Cet article détaille bien les liens entre ces deux transitions : https://www.cairn.info/revue-responsabilite-et-environnement-2017-3-page-5.htm#

Pour Togezer, nous allons mettre en place ce plan B.
Nous réfléchissons encore à différentes pistes.

Ce numéro a pour but de faire un constat de ce qui se fait chez différents réceptifs ou acteurs du voyage.
En essayant de répondre à la question : “ Comment réduire l’éco- empreinte du tourisme ? ”.
Pour cela, nous ouvrons le débat, la discussion, vous êtes tous amenés à donner votre avis, nous parler de vos solutions.

Pour les moins informés sur le sujet, nous avons mis en place une médiathèque, non-exhaustive, de nos meilleures lectures, podcasts ou vidéos.
N’hésitez pas à nous en demander l’accès à fabrice@togezer.travel ou à nous écrire afin d’y contribuer.
Cette médiathèque collaborative a pour but de recommander à chacun des lectures sur ce sujet vaste et complexe.

Puis, nous avons dressé chez Togezer quelques pistes de réflexion en anticipant le prochain numéro du Yakafokon qui aura pour objet : “ Quelles solutions pour après-demain et comment augmenter l’intérêt sociétal de nos entreprises ? “

Ce numéro n’aurait jamais vu le jour sans le travail remarquable de Fabrice, Emma et Sarah, qui en quelques semaines ont réuni ces articles et monté la médiathèque. Bravo à eux !
Également un grand merci à tous les rédacteurs qui ont pris le temps malgré leur quotidien chargé pour écrire des articles de grande qualité ou répondre à nos interviews.

Ce numéro “transpire” les valeurs de Togezer : associativité et collaboration.
C’est le deuxième Yakafokon seulement mais nous en sommes très fiers et cela ouvre de belles perspectives et promet des discussions passionnantes.

C’est un très beau cadeau de Noël en avance !

Bonne lecture et “ bon bout d’an” (comme on dit dans le sud)