Le Grand baZar de la rentrée

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Étiquette : itinéraire 0 déchet

La création d’un itinéraire 0 déchet

Par Alexia LAFITAU, co-fondatrice de l’agence réceptive Mexikoo, basée au Mexique et spécialiste des voyages sur-mesure écotouristiques.


Nous sommes fiers de vous présenter ce premier itinéraire zéro déchet dans la région la plus visitée du Mexique, la péninsule du Yucatán. Depuis la création de Mexikoo, nous nous efforçons de réduire notre impact et celui de nos voyageurs sur l’environnement. Le Mexique reçoit des milliers et des milliers de visiteurs chaque année, et l’impact sur la biodiversité se fait ressentir. Les coraux sont malades, certaines espèces en voie de disparition, des zones côtières souvent très polluées par les déchets ou encore les eaux noires des hôtels reversées dans la mer.  
C’est pour cela que dès le début, l’idée de Mexikoo a toujours été d’allier le voyage avec respect du pays que l’on visite. Nous avons toujours fait en sorte de sélectionner nos partenaires en fonction de leurs initiatives écotouristiques. Par exemple, nous avons quelques partenaires qui travaillent avec des communautés locales, d’autres qui proposent de la crème solaire bio pendant les tours etc. Concernant l’offre hôtelière, nous avons toujours fait en sorte de sélectionner de petites structures à faible impact, en général des hôtels de moins de 20 chambres, avec des initiatives écologiques tangibles telles que l’utilisation de panneaux solaires, de produits biodégradables, recyclage des eaux usées, etc.  

Cette année, nous avons eu envie d’aller plus loin, en proposant un itinéraire “zéro déchet”. La première cible de cet itinéraire est le plastique, qui est le fléau de nos océans. En effet, plus de 60% des produits jetables en plastique termine malheureusement en mer, et affecte la vie marine. Nous l’avons donc totalement éliminé de ce circuit et  fournissons une gourde en inox à nos clients dès leur arrivée au Mexique pour s’hydrater pendant le voyage. Les hébergements et excursions de cet itinéraire proposent des fontaines d’eau potable pour que les personnes disposant d’une gourde puisse la remplir pendant leur voyage. Cela permet d’éviter d’acheter des bouteilles en plastique.  

En plus d’offrir une gourde en inox, nous offrons un sac de bienvenue en tissu aux voyageurs, contenant des produits de voyage bios comme de la crème solaire et de l’anti-moustique biodégradable, ainsi qu’une paille en inox pour siroter leurs petits cocktails.  

Pour l’ensemble de l’itinéraire, nous avons méticuleusement sélectionné chacun de nos partenaires, en fonction de leurs actions écologiques, et n’avons gardé que les plus verts. Les hôtels ont tout particulièrement fait l’objet d’une sélection selon un cahier des charges que nous avons personnellement conçu. Chacun d’entre eux s’est finalement vu attribuer une note écologique, suivant des critères tels que l’utilisation de savons bios, le traitement des produits toxiques, le traitement des eaux usées, l’utilisation de l’énergie solaire, etc. Nous avons décidé d’attribuer une note aux hôtels pour valoriser les établissements qui proposent des actions tangibles pour la protection de l’environnement. C’est très important pour nous de les mettre en avant auprès des voyageurs, car cela demande beaucoup d’efforts d’être éco-responsable.  

D’ailleurs, il a été compliqué de trouver des hôtels qui ne proposent pas de bouteilles/produits en plastique dans les chambres. C’est pourquoi notre itinéraire zéro déchet ne passe pas par la ville de Campeche. Nous avons appelé tous les hôtels de la ville, et aucun n’était prêt à les retirer des chambres. Pour aller plus loin, et convaincre plus d’établissement de rejoindre cet itinéraire, nous avons pour objectif d’envoyer des communiqués aux hôtels afin de leur donner les solutions. En effet, nous nous sommes rendues compte que si nous souhaitons convaincre, nous devons proposer les solutions, et calculer les investissements de ces changements pour les hôtels.  

Les excursions quant à elles sont toutes à mobilité douce, donc sans moteur, allant du kayak, au paddle, en passant par la voile et le vélo. Il était important pour nous de prouver qu’il est possible de créer de belles expériences de voyage, tout en limitant notre empreinte écologique.  

Nos guides partagent aussi nos valeurs d’écotourisme et de développement durable, et les transmettent au quotidien aux voyageurs. Ils protègent les écosystèmes, respectent les animaux et leur environnement naturel. Nous avons des guides qui s’impliquent beaucoup dans la protection de l’environnement comme José à Celestún qui œuvre pour la reforestation des mangroves, ou encore ramasse les déchets dans la biosphère de manière bénévole chaque semaine. Notre mission est de nous entourer d’acteurs passionnés et impliqués afin de faire évoluer le tourisme au Mexique.  

Caractéristiques de cet itinéraire :

Découvrez toutes les richesses de la péninsule du Yucatán de la plus responsable des manières, lors de cet itinéraire zéro déchet : 

  • Les plages paradisiaques des Caraïbes et du Golfe du Mexique ; 
  • Les plus beaux cénotes (puits d’eau douce dus aux formations géologiques de la région) ;
  • La biodiversité locale (faune, flore, jungle, lagune, etc) ; 
  • Les sites archéologiques variés ; 
  • Les villes et villages typiques du style colonial hispanique ; 
  • Une île paradisiaque, idéale pour vous ressourcer avant le retour.

Caractéristiques de cet itinéraire 0 déchet :  

  • Hôtels les plus verts de chaque destination avec de multiples actions écologiques, parmi lesquelles : utilisation de panneaux solaires, recyclage des eaux usées, protection animale, soutien aux communautés locales, ampoules basse consommation, ou encore usage de matériaux recyclables / biodégradables ; 
  • Aucune bouteille plastique durant le circuit, aussi bien dans les hôtels que lors des excursions ; 
  • Excursions utilisant des moyens de transport sans moteur uniquement ; 
  • Voiture basse consommation, bientôt hybride (aucune offre de véhicule hybride au Yucatán actuellement) ; 
  • Kit de l’éco-voyageur Mexikoo :  
  1. Gourde Inox  
  2. Pailles Inox  
  3. Crème solaire biodégradable  
  4. Anti Moustique biodégradable  

Vous retrouverez toutes les informations de cet itinéraire 0 déchet ​ici​ :

Pour en savoir plus, vous pouvez contacter directement Alexia Lafitau, co-fondatrice Mexikoo : alexia(at)mexikoo.com

#tourisme de masse #authenticité #RSE #population locale

Par Van Thai Nguyen, 34 ans, responsable marketing et produits de l’agence réceptive familiale TTB Travel basée au Vietnam depuis 1996.
vanthai@ttb-tour.com


Dans un article précédent de Togezer sur l’avenir des réceptifs, j’ai déjà souligné que notre rôle s’émancipe de plus en plus. Nous ne sommes plus un simple « logisticien » qui  exécute bêtement les ordres des voyagistes à l’étranger. De nos jours, nous sommes un véritable expert du terrain avec un esprit d’innovation très prononcé. 2012 constitue une autre année charnière pour le Vietnam. C’est à cette date que le tourisme de masse s’est invité chez nous. Il n’a pas fallu longtemps pour mesurer à quel point son « succès » s’accompagnait d’effets négatifs, pour le pays et pour ses habitants. Le tourisme de masse crée le clivage social, ridiculise notre culture et pollue notre patrimoine.

  • Responsabilité sociétale vis-à-vis de nos collaborateurs : La durabilité du tourisme commence d’abord par le respect de la population via une rémunération décente. La raison pour laquelle il y a une pénurie de guides francophones, c’est parce qu’ils sont mal payés, ce qui les forcent à amener les voyageurs vers les boutiques attrape-touristes dans l’espoir de compenser un salaire ridicule. Pour les convaincre de rester dans le métier, nous augmentons le salaire de base de 30% + bonus. Idem pour les chauffeurs. Trop souvent, les gens veulent être éthiques vis-à-vis des populations pauvres dans les régions lointaines. Mais ils ne sont jamais éthiques vis-à-vis des compagnons qui sont les plus proches de leurs voyages : guides francophones et chauffeurs.
  • Responsabilité sociétale vis-à-vis de nos prestataires : le tourisme de masse vient d’une participation active des groupes de promoteurs, à la fois vietnamiens et étrangers. Les grosses chaînes tiennent la suprématie dans le parc hôtelier vietnamien. On sait qu’il y a toujours une fuite de capitaux quand les Accor, Hilton, Marriott s’implantent dans notre pays. Donc, nous éliminons volontairement toutes les marques étrangères dans nos offres. Pas de MGallery, pas de Sofitel, pas de Novotel, chez nous. Tous les hébergements dans nos circuits sont tenus par des Vietnamiens.

En tant que petite structure familiale, nous n’avons pas de ressources financières pour « sponsoriser » des ONG comme font souvent plusieurs agences dans leur communication. Nous apportons plutôt notre expertise et nos connaissances en tourisme durable pour aider nos partenaires. Nous accordons l’importance à deux axes majeurs :

Lutte contre le sur-tourisme

Compte tenu de sa taille trop petite, se battre pour un tourisme responsable dans les grands sites est une bataille perdue d’avance. Au Vietnam, il y a deux fleurons du tourisme vietnamien : la baie d’Halong et Sapa. Victimes de leur succès, les autorités locales visent la quantité plutôt que la qualité. Statistiques embellissent l’image de leur mandat. Résultat : on aime bien accueillir 3 millions de Chinois dans la Baie d’Halong et 2 millions de Chinois à Sapa. On aime bien accueillir 1 million de croisiériste dans la Baie d’Halong. On aime bien la mise en place des parcs d’attraction qui flattent l’exploit technique des téléphériques. Par conséquence, ce sont les constructions massives partout, les bateaux-hôtels qui inondent la baie, les déchets jetés dans la mer, les pêcheurs chassés de leur lieu natal et remplacés par les éco-musées dans âmes. Idem pour Sapa dont l’identité culturelle des ethnies minoritaires est écrasée sans merci par les groupes de promoteur. On sait que 95% des touristes visitent 5% du territoire. Alors, pourquoi pas neutraliser cette tendance ? Voilà pourquoi TTB TRAVEL a fait le choix d’éliminer définitivement la Baie d’Halong et Sapa dans sa production depuis 2014.

Nous essayons de dispatcher les 95% de touristes vers les endroits moins connus mais autant sublimes. Nous décidons de commencer l’éducation environnementale avec des endroits vierges, là où les partenaires locaux sont plus à notre écoute. Il y a en plusieurs dans notre réseau, et souvent ce sont les villages où nous connaissons personnellement des acteurs impliqués : Hai Hau, Hoang Su Phi, Ba Thuoc, Binh Phuc, Vung Liem. Ainsi, nous co-construisons les projets de tourisme communautaire avec un fort accent sur l’empreinte écologique. Nous sensibilisons dès le départ les conséquences néfastes de la consommation plastique et proposons des solutions alternatives. Dans les régions comme Hoang Su Phi et Nam Dinh, nous exigeons de nos prestataires d’utiliser de l’eau préalablement bouillie, au lieu d’acheter des bouteilles plastiques. Les clients qui passent la nuit dans ces endroits peuvent remplir leur gourde, au lieu de gaspiller des bouteilles d’eau. Pour certains endroits comme Hai Hau et Hoang Su Phi, nous leur prodiguons des conseils techniques tels que : comment concevoir un site internet, travailler sur leur positionnement pour renforcer l’identité culturelle du lieu, comment mettre en place un programme de visite qui profite à plusieurs personnes de la communauté, comment mettre en place un processus d’accueil pour renforcer l’hospitalité du propriétaire, etc.

Pour sensibiliser les Vietnamiens à la notion de déchet, nous organisons gratuitement une activité de kayaking à Hoi An pour nos clients. L’idée est de pagayer le long de la rivière Thu Bon pour ramasser des déchets sur les berges, notamment des sacs et bouteilles plastiques. Dans certains circuits au Nord du Vietnam, nous proposons aux clients d’utiliser leur propre gourde et de la remplir avec de l’eau bouillie à chaque étape. En moyenne, un client consomme une bouteille 500ml par jour, et pour un circuit de 15 jours sur place, c’est en gros une trentaine de bouteilles en plastique gaspillées. Avec une gourde, on peut sauver notre planète. A petits pas, nous pouvons réduire considérablement la consommation plastique.

Axe sociétal

Danse Apsara, Cambodge

Enfin concernant l’aspect sociétal, nous encourageons l’entrepreneuriat local et les porteurs de projets communautaires que nous soutenons techniquement et conseillons. Idem avec les prestataires et artisans que l’on aide à mettre au point des produits touristiques non réducteurs, mettant au contraire en valeur notre culture et les traditions locales. Et comme ces produits plaisent aux voyageurs, ces personnes en vivent de mieux en mieux. Par exemple, l’ONG Zo Project vise à préserver le métier de fabrication du papier ancestral. Via l’innovation, nous avons élaboré conjointement avec les membres des produits touristiques tels que : atelier de découverte, atelier de travaux manuels, création d’objets cadeaux dérivés. Tout cela crée du travail complémentaire pour les artisans. Concrètement : nous achetons de nombreux produits chez Zo Project pour offrir à nos clients : lampions, estampes, calendrier, etc.

Nous recommandons aussi Zo Project à nos prestataires (restaurants, hôtels) pour qu’ils achètent leurs produits. Cela génère des prises de commandes stables pour les artisans. Nous soutenons le slogan « les Vietnamiens achètent vietnamien ». En outre, nous intégrons l’atelier de travaux manuels de Zo Project dans certains de nos circuits, notamment pour les voyage en famille. Les enfants adorent ça ! Du coup, la visite en question permet de rémunérer les artisans qui accompagnent les enfants pendant la réalisation des œuvres. La rémunération va directement dans la poche des artisans. Tous ces revenus sont largement supérieurs à la marge qu’ils réalisent sur une estampe traditionnelle vendue. L’honoraire payé pour une séance d’atelier de 2h équivaut à 20 fois la marge sur une estampe traditionnelle (et il faut 2h pour finir le travail de chaque estampe).  Nous multiplions cette démarche pour les autres activités telles que la cueillette de thé dans la région de Thai Nguyen, la fabrication de cerf-volant à Hue, etc.

La forme même de nos voyages, ancrés dans le local, en fait des actes solidaires. L’argent dépensé par le voyageur bénéficie directement à l’habitant local. Nous sommes solidaires et équitables puisque nous varions nos contacts et favorisons ceux qui sont communautaires : famille d’accueil, artisans et fabricants (alcool, sauce de poisson, etc.), tous profitent de ce tourisme villageois.