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Étiquette : Innovation

Compensation carbone, Certifications, RSE… Pour la (dé)croissance verte ?

Par Fabrice Pawlak, 49 ans, co-fondateur Togezer.


On s’est rendu à la grande messe worldwide de l’ATTA, cette fois-ci à Goteborg, qui réunit tous les ans 800 supposés leaders du travel adventure. Et cette année, le sujet c’était  “climate changes”. Il y eut un côté Silicon Valley et goodys à gogo, écrans super géants comme d’habitude, des VIP de toutes les couleurs, des winners leaders, une poignée de loosers sceptiques franco-italiens (nous), et des sponsors prestigieux comme AirBnb, et aussi des conférences souvent intéressantes dont la meilleure, cocorico, fut pour moi celle donnée par Eric Balian, de Terdav, qui racontait avec pertinence leur aventure pionnière dans la “compensation carbone”. Le show de clôture fut dantesque avec la conversation entre le CEO de l’ATTA et l’ex-ministre du tourisme de Jordanie et ex-haut-fonctionnaire de l’ONU. Le message final c’était : “ Growth green, stronger, further, higher ! ”, un condensé de la pensée transhumaniste victorieuse californienne. Pour être juste et complet, l’ATTA demeure ze place to be pour rencontrer plein de gens, réseauter, renifler les tendances ou simplement l’air du temps donc le lieu idéal pour les croissancistes verts mais ambiguë pour les décroissancistes verts de mon espèce.

Il fut essentiellement question de comment compenser la toxicité des vols aériens de nos clients, en plantant des arbres par exemple, mais rarement de comment réduire le bilan carbone du tourisme tout simplement.

Je ne parviens pas à comprendre qu’en augmentant le nombre de voyageurs dans le monde, on puisse favoriser l’environnement, même en compensant par la plantation d’arbres.

Et aujourd’hui, on se pose la question: “ Faut-il faire de la compensation carbone ? ”, tout en regardant de près ce que font nos homologues réceptifs ou les distributeurs. 

Je reconnais volontiers les bienfaits pour le climat de la compensation carbone, car c’est bien ce qui compte : est-ce mieux pour la planète ? 

Je crois pour ma part que la compensation carbone, c’est promouvoir la croissance verte, et je ne crois pas à la croissante verte. Je suis simplement pour la décroissance (de consommation de ressources/habitant et donc de PIB, car la corrélation énergie-pib-climat est très forte) et je pense même qu’elle est souhaitable, déjà enclenchée et inéluctable et que nous nous dirigeons rapidement vers un monde low tech et low carbone. Évidemment, la décroissance s’oppose à l’ADN de l’entrepreneur que je suis et est le cœur de mes propres contradictions au quotidien. Je ne suis pas un exemple, mais j’y pense et à force d’y penser, je change.

Concrètement, cela veut dire moins voyager en avion.

Faut-il compenser nos voyages ?

Quelques ordres de grandeur pour les GES (gaz à effet de serre, responsable principal du réchauffement climatique https://jancovici.com/changement-climatique/predire-lavenir/de-combien-la-temperature-peut-elle-monter/)

L’essentiel des GES de source humaine, ce sont :

  • rendre l’énergie disponible et consommable (centrales thermiques, réseaux, transports, raffinages, …) ;
  • l’habitat (cimenterie, climatisation et chauffage) ;
  • la transformation en biens intermédiaires (bois en planches, roches en parpaings, …) ;
  • la mobilité et le transport au quotidien des gens et des marchandises ;
  • l’alimentation (et en particulier la viande rouge).
manque la première source de GES: la production d’énergie disponible.

Il faut comprendre ici que la solution n’est absolument pas d’arrêter de voyager et de ne rien changer à notre quotidien. L’objectif raisonnable est de réduire de 4% par an en moyenne nos rejets en GES, à partir de maintenant, donc en gros notre consommation en énergie fossile (gaz, pétrole, charbon), tout en faisant le reste aussi.
Pour avoir un impact sérieux et durable, il faut d’abord mieux isoler son habitat ou construire sa maison différemment et réduire de 1°C la température ambiante et mettre un pull le soir en hiver. Ensuite, arrêter d’acheter des SUV (4×4 citadin) et modifier sa mobilité au quotidien, manger beaucoup moins de viande rouge, baisser sa consommation courante d’objets souvent inutiles, par exemple ne plus suivre les modes vestimentaires, aller vers le zéro déchet, de meilleurs emballages, … et pourquoi pas aller vers de la mutualisation ? (pourquoi ne pas partager un taille-haie entre voisins ?), du co-voiturage, de la colocation, vers l’économie circulaire, la réparabilité des objets, la fin de l’obsolescence programmée, l’interdiction des panneaux lumineux de publicité surtout la nuit (ou supprimer la pub ! de toute façon, qui la paie ?), interdiction des réchauds de terrasse dans les cafés, etc. changer progressivement et collectivement notre consommation de ressources… sobriété.

C’est certain, voyager une fois par an et plus longtemps et moins loin au lieu de trois fois en low-cost pour des week-ends à Barcelone, Prague et Malaga, sera aussi très bénéfique à mon bilan carbone. Et arrêter de prendre l’avion encore mieux ou simplement le remplacer par le train quand c’est possible. 

Ensuite, je note :

“Le numérique émet aujourd’hui 4 % des gaz à effet de serre du monde, soit davantage que le transport aérien civil. Cette part pourrait doubler d’ici 2025 pour atteindre 8 % du total – soit la part actuelle des émissions des voitures. Tandis que la contrainte climatique impose une baisse drastique des émissions mondiales de gaz à effet de serre dans les prochaines années, le numérique accroît sa consommation d’énergie de 9 % par an.”

(rapport résumé ici: https://theshiftproject.org/article/climat-insoutenable-usage-video/)

A noter que l’essentiel de la pollution numérique provient des vidéos en streaming, et en particulier des vidéos Facebook et Netflix, qui se lancent désormais sans même le demander. Et de l’obsolescence programmée et de la non-réparabilité de nos smartphones. Il suffirait donc d’avoir une consommation numérique plus sobre et d’éviter les vidéos en streaming (netflix, facebook, insta, …). 
Ne devrions-nous pas dans notre RSE interdire l’usage des réseaux sociaux privés pendant les heures de travail dans nos entreprises et éduquer nos collègues à une consommation plus sobre du numérique et acheter du hardware réparable, au moins dans nos bureaux ? 

Ce que je veux d’abord dire, c’est que le transport aérien civil émet environ 6% des émissions GES françaises (beaucoup moins pour les pays pauvres). C’est trop mais là n’est pas l’essentiel des GES.

Pour autant, Togezer, même si tout le monde s’en fout, est favorable à des taxes progressivement plus importantes sur le kérosène aérien et de manière générale favorable à des taxes sur tout ce qui est carboné. Et pourquoi pas pour un rationnement par habitant des voyages aériens récréatifs.

Ensuite, techniquement, il est bon de savoir :

  • Le parcours vers le lieu de vacances constitue, en général, 85% des émissions en GES (voyages lointains). La partie locale, résiduelle, qui incombe au réceptif, est à comparer à l’éco-empreinte du client s’il partait ailleurs ou s’il restait à son domicile, et a priori, son comportement sera le même. Nous sommes effectivement en faveur de la production locale, et de la consommation locale et en faveur d’améliorer l’utilité du voyage.
  • Pour l’aérien : il y a peu de différences en terme d’émissions en GES, entre un vol de 500 km ou de 1000 km, car le décollage et l’atterrissage représentent la principale dépense d’énergie. Parfois, on “doit” le remplacer par le train (pour les pays produisant leur électricité au nucléaire, sinon ça ne marche pas pareil !). 
  • Nous pensons que plus on voyage, plus on doit consommer local, rendre son voyage utile et partir longtemps. Il n’y a plus de sens à aller au Japon pour des vacances de 5 jours, ou de partir faire un trek de 5 jours en Patagonie et d’appeler cela un éco-voyage parce qu’on marche à pied. Par exemple, on pourrait s’interdire de vendre des voyages courts s’ils sont lointains (par exemple 1 jour min par 1000 km, c’est une idée).
  • Prendre l’avion ? Il est juste de dire : si je ne prends pas l’avion demain, il partira quand même; que je le prenne ou pas, cela ne change rien au climat. Par contre, si je fais le trajet en voiture, mon empreinte sera plus importante. Il est juste aussi de dire : « si tout le monde pense ainsi, alors le trafic aérien ne baissera jamais et nous sommes mal barrés ». 

Nous pensons au final que chacun doit faire sa part, car nous avons besoin des politiques et les politiques ont besoin de nous :

  • Aux gouvernants d’instaurer de fortes taxes sur le kérosène ou de rationner les déplacements récréatifs en avion.
  • A chaque citoyen de moins voyager en avion et d’éviter de prendre l’avion, à chaque citoyen de s’informer sur les conséquences et de son niveau de consommation. Tout le monde devrait être éduqué au sujet. Comme pour les paquets de cigarettes, on pourrait avoir des photos horribles sur son billet d’avion.
  • Si quelqu’un doit faire de la compensation carbone, c’est à la compagnie aérienne, et pas au TO, ni au réceptif. 
  • De toute façon, à la fin, c’est le consommateur qui paye, non ? Tant sa taxe que les conséquences du désastre écologique en cours. Mais la taxe pourrait servir, justement, à financer le combat, plutôt que “pas de taxe” et d’attendre la hausse inéluctable du prix de l’énergie, qui sera alors payée directement au producteur. La taxe “maintenant” reste chez nous, mais la hausse (taxe différée) partira en Russie ou au Moyen Orient, ou encore au Canada ! (La France achète du pétrole “sale” canadien mais s’interdit d’en extraire en Guyane… c’est incohérent, non ?)

Tout cela, ce sont les arguments du professionnel de tourisme que je suis. J’aimerais ajouter les arguments techniques et scientifiques, qui ont eu raison de mes doutes, vous ne perdrez pas votre temps, je vous le promets :

5 mn de lecture ici et Togezer vous octroie le Niveau 1 en compensation carbone : 
http://www.carbone4.com/neditespluscompensation-de-compensation-a-contribution/

5 mn de lecture et Togezer vous octroie le Niveau 2 en taxe aérienne :
https://theshiftproject.org/article/aerien-climat-fiscalite-manuel-auto-defense-intellectuelle/

Quelques heures de lecture et vous n’aurez plus aucune chance de bosser à Air France (tentez toujours Togezer) :
http://www.carbone4.com/decryptage-mobilite-compensation-jetblue/
http://www.carbone4.com/?s=avion
aussi :
https://www.alternatives-economiques.fr/faut-arreter-de-prendre-lavion/00089449

Si vraiment, il subsiste des doutes, alors voici un article écrit par un expert qui explique pourquoi, dans la pratique, la compensation carbone ne rime pas forcément avec action pour le climat.

Le positionnement togeZer

Togezer croit à un monde de demain qui sera low-tech, low-carbone, et que la responsabilité sociétale et environnementale du réceptif est de favoriser un tourisme plus sobre en ressources et en énergie, et de réfléchir à des voyages plus vertueux (apprenant, utile, éducatif, rencontres, sérendipitiques). 
Ce n’est pas le rôle du réceptif que de faire de la compensation carbone. Je peux en faire en tant que citoyen !

Faut-il poursuivre le tourisme ?

Nous nous sommes posés la question. Au final, notre réponse est oui. Voici quelques arguments et nous pourrons passer à la dernière partie, la Responsabilité Sociétale et Environnementale d’Entreprise  (RSE) et les Certifications. 

  • Mon-Super-Réceptif n’a aucune influence sur le nombre de touristes sur ma destination. Si nous stoppons notre activité, cela n’aura aucune influence sur le climat, et cela n’aura qu’une seule influence, c’est que nous et nos employés devront trouver un travail, et pourquoi pas, former un club avec les hôteliers, les guides et les restaurateurs eux aussi réduits à changer d’activité. Et pour quoi faire ? Un travail de commercial qui parcourt les routes toute l’année ? Travailler dans une usine de voiture ? Élever des vaches qui rejettent plein de méthane ? Pointer au chômage et se mater Netflix toute la journée ? Vivre dans les bois et manger de l’herbe ? Ou prendre le boulot du moralisateur car lui, sans doute, a une activité non polluante et un comportement irréprochable ?  Nous pensons que la solution n’est pas d’interdire le tourisme, la voiture, les usines, les radiateurs, l’achat de vêtements, la mobilité, le numérique, et de mettre tout le monde au chômage, et donc de supprimer aussi toute fonction publique (c’est bien le privé qui finance le public). Nous pensons même que le voyage possède, comme beaucoup de choses, des vertus d’éducation, d’échanges, de divertissement, de rencontres, de découvertes, de vie tout simplement. Il faut continuer à voyager, et plutôt près de chez soi, tout en connaissant l’éco-empreinte de son voyage pour la diminuer.
  • Nous pensons que la solution, et nous ne sommes pas loin de penser qu’il s’agit là de la meilleure, est que chacun s’informe, puis informe son entourage et que chacun, à son niveau, qu’il soit président de la république, ouvrier agricole, boulanger, fonctionnaire ou agent de tourisme, réfléchisse à comment réduire sa consommation personnelle et professionnelle et à comment se préparer au monde de demain.
    (Togezer lance une bibliothèque complète sur le sujet, ouverte à vous tous, à voir dans un autre article).
  • Arrêter le tourisme en Tunisie ? … Il s’agit de la première industrie du pays, en situation de non-suffisance alimentaire. Arrêter le tourisme en club en Tunisie, c’est prendre le risque de plonger la population tunisienne dans de sales draps et d’obtenir pire que des rejets en GES des low-costs. Le tourisme reste un gros fournisseur d’emplois, et l’emploi la première source de stabilité, n’est-ce pas d’ailleurs la plus grande vertu du tourisme ? 
  • Nous pensons que le plus important, ce n’est pas de changer de métier mais de vivre différemment au quotidien. Les caravanes d’antan, socle à la diffusion des idées, du commerce et de la paix, seront remplacées par les voyages sobres de demain, nécessaires et véhicules de nos mythes et croyances.

Certifications et RSE

Certains parmi vous sont certifiés (ou en cours) depuis des années auprès de Tourcert, Travel life, B-corp, parmi les certifications les plus reconnues. Aussi, on vous suit de près et merci à ceux qui ont partagé leur expérience dans ce Yakafokon. 

De vos expériences, j’en tire les enseignements suivants:

  • Une certification est bénéfique avant tout pour le mode d’emploi et le suivi qu’elle propose.
  • Le coût principal, au final, ce sont les ressources humaines internes (comme pour le déploiement d’un software).
  • Il faut associer dès le départ l’ensemble des parties prenantes.
  • Une certification est un long processus laborieux qui s’avère bénéfique et finalement rentable.
  • Le processus de certification est l’occasion de tout revoir et de fédérer les troupes autour d’un projet positif.
  • C’est sans doute mieux que de ne rien faire.

Togezer s’intéresse fortement à ce sujet car depuis le début, nous envisageons de créer notre propre label, contraignant ou pas, mais quelle légitimité, quelle crédibilité, quel objectif ? Ou de nous faire certifier nous-mêmes. Pour ensuite pouvoir vous conseiller, car c’est notre rôle.
Dès que Marion de Terra Andina Pérou m’a prévenu de sa certification Tourcert, en pleine crise environnementale, je suis allé voir sur le site web de Tourcert pour trouver quelque chose qui justifierait d’abord le tourisme. Même chose pour Travel Life. Et je n’ai rien trouvé sinon des préconisations de type “hôtel sans clim”, “fournir des pailles en bambou aux clients”. Et cela me gêne et pour m’expliquer, je CARICATURE:
Je suis fabricant d’armes et je me fais certifier par l’organisme Killing Softly. Ou je suis vendeur de tabac et je me fais certifier par l’organisme Smoke & Health… à partir du moment où l’organisme est partie prenante de mon industrie, donc s’il y a le mot TRAVEL ou TOUR dans son nom, il ne remet pas en cause mon industrie, et il participe sans doute à la croissante verte.
Donc je suis allé voir avec beaucoup d’intérêt le label B-Corp, dont on me parle depuis plusieurs années, lequel n’est pas dédié spécifiquement au tourisme.
Voilà ce qui j’y trouve, en homepage (les fautes d’orthographe sont d’origine !):

source : https://bcorporation.eu/about-b-lab/country-partner/france

Ensuite, en lisant sur le site web, je comprends que personne de chez B-Corp ne viendra vérifier sur place mes réponses au questionnaire online, et que cela me coûtera, selon mon CA, de 2 000 à 30 000 us$ tous les 3 ans, et que 40% de cette somme sera reversée à d’autres ONG par B-Corp. 
Cette présentation officielle indique qu’il s’agit plus de marketing ou de management que de sauver le monde. Bref, est-ce que le climat se fout de ma certification B-Corp ? Est-ce que ma certification B-Corp flèche vers une décroissance de conso ressources/habitant ? Et si ce n’est pas le cas, ne ferais-je pas mieux de simplement installer chez moi un récupérateur d’eaux pluviales ? A celui qui me répondra “les deux !”, je lui dis: “je suis limité en temps et en ressources, je dois prioriser, je ne peux en même temps me certifier, partir en promo en vélo, isoler ma maison, trier des déchets, … soyons aussi efficients car la transition est d’abord un arbitrage constant !”.

Nous, nous arbitrons pour la mutualisation

Alors que faire ?
Sans doute continuer à lire vos partages d’expérience sur votre certification, et pourquoi pas tenter ici ou là telle certification.

A ce jour, nous pensons plutôt à plusieurs voies à suivre, dans les prochains mois :

1° Approcher un organisme indépendant et détaché du tourisme theshiftproject.org, et leur demander de nous aider à développer une certification, un label, une charte, qu’importe. Ou pourquoi pas, leur demander de certifier les réceptifs Togezer ? Pourquoi pas devenir un partenaire de theshiftprojet.org ? Bref, nous sommes de grands fans et gros lecteurs de theshiftproject.org. Au pire, nous nous en inspirerons beaucoup. En tous les cas, Togezer qui représente x réceptifs concernés a des chances de les intéresser. Nous vous tiendrons informés.

2° L’intelligence collective.
Organiser assez vite un débat avec tous les membres et même les non-membres en vue de co-construire un label, une charte, une RSE commune et sans doute informelle au début. Nous croyons beaucoup à notre rôle d’organiser ce club de réflexions autour du voyage vertueux et de l’entreprise sobre (organisation interne). Il est évident pour nous que l’intelligence collective des memberZ et leur envie de partager et d’avancer permettront de construire ce cahier des charges. En étudiant toutes les RSE, propositions, suggestions, expériences et en organisant un espace de réflexion commun, centralisant tout cela, en bossant le sujet, en collaborant avec les bons organismes, nous avons confiance en notre capacité un sortir du bon dans les prochains mois.

Merci aux volontaires/candidats de nous envoyer un email avec le sujet: “je veux mon maillot !”. Et nous vous inviterons à notre espace de travail numérique et nous vous mettrons dans la boucle. Et qui sait ? Peut-être cela se terminera par un forum de 3 jours à refaire le monde d’ici septembre 2020.

Avant tout, nous pensons que le plus important, c’est de modifier notre jauge : la richesse produite ne doit pas être qu’exclusivement financière. Nous allons tenter de rassembler les réceptifs qui partagent cette idée.

Nous pensons que si notre démarche est sincère, sérieuse, engagée, alors une partie du marché le reconnaîtra et préfèrera travailler avec un DMC Togezer. Il n’y a aucune raison qu’un directeur de TO ou de réseau d’agences ne pense pas comme nous. Nous partageons sans doute le même constat, alors pourquoi pas l’envie de travailler ensemble ? Et si cela ne marche pas, tant pis, nous aurons essayé, sans regret. 

3° BIBLIO
Participer activement, intelligemment, à la conscientisation de nos interlocuteurs : nous-mêmes, nos employés, nos prestataires, nos clients, nos familles, nos copains.

4° RSE propre à Togezer: 
Ne plus participer/financer la croissance pour la croissance. Réfléchir à une nouvelle jauge de la richesse produite qui ne peut pas être exclusivement financière.

J’ai envie de terminer par un morceau du texte lu ce matin sur lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/08/16/ecologie-climat-l-effondrement-n-est-pas-ineluctable_5499848_3232.html
Les signataires : du beau monde, vous jugerez.

“L’une des perspectives invite chacun de nous à agir à sa place, depuis le plus humble citoyen jusqu’aux plus hauts décideurs politiques, financiers et industriels. Elle nous invite à une double lucidité autant sur les risques écologiques majeurs qui nous menacent si nous n’agissons pas maintenant, que sur la force de résilience de l’humain et de l’ensemble du vivant.
Loin de tout romantisme mièvre, c’est l’expérience concrète de l’amour de la vie, la tendresse partagée entre nous et avec notre environnement – bien plus que la panique face à la fin du monde – qui invitent à agir. Seule la soif d’un monde plus humain peut nous donner l’énergie collective nécessaire à l’invention d’une sobriété heureuse et nous sortir de notre fascination morbide pour l’accumulation de nos déchets. Cet amour peut et doit être exigeant. Le temps presse.”

Et si l’entraide était la nouvelle loi de la jungle ?*

*Titre largement emprunté au livre de Pablo Servigne.

Par Thomas Loubert, 36 ans, co-fondateur Togezer.


Nous entendons de plus en plus parler de la notion d’effondrement. On entend par là l’effondrement de notre civilisation telle qu’on la connaît aujourd’hui. Cet article résume bien le concept : qu’est-ce que la collapsologie, cette théorie de l’effondrement de la civilisation ?
C’est un mot fort, volontairement choisi par ceux qui l’utilisent pour marquer les esprits.
Cet effondrement passe par la remise en question de nombreux concepts qui ont été considérés comme acquis et immuables depuis des siècles.
Par exemple, le fait que les ressources naturelles étaient gratuites et renouvelables s’avère faux.
Certains penseurs contemporains comme Pierre Rabhi et Jean-Marie Pelt suggèrent dans leur livre :  “Le monde a-t-il un sens?” que la théorie de Darwin a été mal interprétée :

“L’œuvre de Darwin n’a pas été lue de la bonne manière. La lecture officielle de la théorie de l’évolution est que la nature est régie par la loi de la jungle, la loi du plus fort et que pour les hommes, c’est la même chose. Nous pensons tous les deux que ce n’est pas tout à fait comme cela que ça marche. En réalité, la coopération a un rôle important à jouer dans la nature comme dans la société. Le concept de coopération n’a jamais été pris en compte sérieusement, ni en biologie, ni en sciences sociales. »

Et cette notion de coopération débouche forcément sur des notions de partage et de mutualisation. Tout devient “co”… les espaces de co-working, les lieux de co-living fleurissent dans toutes les villes. Ces mouvements s’expliquent souvent par la flambée des prix et le souhait de réduire des coûts.

Aujourd’hui, ces mouvements de mutualisation ont un réel impact sur l’environnement.

En partageant, nous consommons forcément moins.

Prenons l’image du taille-haie chère à un memberZ. Le taille-haie est typiquement un outil qu’on utilise 3 fois par an maximum. Chaque personne vivant dans le même quartier et ayant une haie va acheter son propre outil car nous avons perdu ces notions de partage. Si au lieu de cela, ces mêmes voisins achetaient un taille-haie en commun et que ce schéma se reproduisait des milliers de fois sur la planète et pour plein d’outils différents alors nous consommerions moins et donc nous polluerions moins.

Ces notions de partage et de mutualisation que nous avions perdues face à la notion de propriété et d’individualisation reprennent leur place dans la société.
Je m’interroge et je me demande si l’inconscient collectif ne nous pousse pas, face une anxiété croissante à se rapprocher les uns des autres, à réapprendre à vivre ensemble en partageant des lieux, des techniques de travail, des bons plans.

Tout le projet de Togezer repose sur cette idée de base : la MUTUALISATION des efforts, des coûts de promotion, des énergies.

Très rapidement, nous avons réuni une centaine de réceptifs qui adhérait à cette idée.
Si nous mutualisons, alors c’est moins cher…

La figure de proue de Togezer c’est (ou plutôt c’était)… la plateforme.

1 – La plateforme

Nous avons commencé par mutualiser des coûts de développement technologique en créant une plateforme all.togezer.travel et accessible gratuitement aux agents de voyages.

Cette plateforme regroupe différents outils pratiques et gratuits pour les agents de voyage :

  • La Connect Now : annuaire interactif pour trouver des réceptifs de qualité ;
  • Appel d’offres : pour contacter plusieurs réceptifs en même temps ;
  • Les Wébinars : mutualisation d’un logiciel de présentation en ligne où les réceptifs présentent leur destination – nous en organisons 2 par semaine.

Vous souhaitez une formation plus détaillée ? Un service personnalisé pour qu’on vous explique où cliquer et surtout avoir un login ! Alors contactez Aurélie, l’agent A – notre perle du Sud.

De nouveaux outils arrivent sur la plateforme début 2020 :

  • La Boussole du voyage

Pendant des années nous pensions en tant que réceptif que nous faisions du “sur mesure” alors qu’en fait nous faisions du “à la carte.”
À la carte, car le client nous demandait et nous lui donnions ce qu’il voulait.
La boussole du voyage est un outil qui permet de faire du vrai sur mesure.
À travers un questionnaire, le client est amené à se poser des questions qu’il ne se serait pas forcément posées. Nous le poussons à réfléchir aux VRAIES motivations de son voyage.
Ce questionnaire permet également de connaître le profil du client, c’est-à-dire savoir s’il est plus visuel, auditif ou kinesthésique …
Vous ne mettrez pas une chambre où on entend la mer à un client dont le profil est plus auditif, le bruit pourrait le gêner même si pour vous ce bruit est agréable et vous berce …

La force de l’outil est surtout d’être connecté par un système de tags (d’étiquettes) à des circuits ou des modules déjà prédéfinis dans la base commune des réceptifs souvent équipés du même logiciel : Toogo.
Les résultats de la boussole permettent de sortir rapidement des itinéraires correspondants au profil du client.

Cet outil a été développé par mon associé Fabrice pour Terra Group et Serendip, et est utilisé aujourd’hui par les commerciaux.

Nous allons assez vite mettre online sur la plateforme une boussole spécifique Togezer, accessible et utilisable par les agents pour leur propre profil de prospects.

Pour ceux parmi vous qui souhaitent une boussole customisée et à vos couleurs, nous le faisons. Contactez Fabrice: fabrice@togezer.travel

Vous pouvez la tester ici : https://www.terra-group.com/test-voyageur/ ou encore ici : https://www.serendip.travel/boussole-voyage-annecy/

  • Team messaging

Dans la plateforme vous pourrez “tchatter, discuter” entre les utilisateurs de la plateforme.
Si vous travaillez dans la même agence alors vous pourrez discuter entre collègues… fini Whatsapp – Togezer is in the place !

Mais ce socle technologique n’est rien sans l’humain.
Cela a vite été remplacé par la mutualisation d’énergie à travers les événements que nous organisons toute l’année. Et nous nous sommes rendus compte alors que la technologie n’est qu’un outil au service de l’humain.

Et que le vrai socle de Togezer, c’était l’humain et la mise en relation.

2 – Les Événements

Tout au long de l’année, nous organisons des événements gérés avec talent par Rémy (qu’on appelle Rémite au bureau).

Nous avons commencé par la CARAVANE.

Objectif : mutualiser les coûts d’organisation – au lieu que 10 personnes organisent leur voyage de prospection chacun de leur côté alors il faut mieux qu’une seule personne s’en charge et que chacun paye le salaire de cette personne. Pareil pour les listes de prospects, chaque réceptif tous les ans fait sa liste de prospects en vue de son voyage commercial. 
Autant qu’une personne le fasse une fois et le partage à ceux qui souhaitent et payent une partie de son salaire.

Et hop – la caravane était née…

Rapidement, nous nous sommes rendus compte que cet esprit de partage se propageait et nous avons assisté pendant les caravanes à des échanges de bons plans. Tel réceptif recommandait son meilleur client à un autre réceptif, un autre recommandait un logiciel à un autre réceptif.
Quand la confiance est instaurée alors les gens collaborent et même des concurrents deviennent amis…

Puis, nous avons sorti les Breakfast ou les Petits Déjs
Le principe est simple : un réceptif paie très cher pour aller sur le salon à Top Résa, certains réceptifs ne peuvent pas se payer de stand. 
Si nous mutualisons les coûts de la brasserie en face de Top Résa alors cela n’est vraiment pas cher pour les réceptifs : 150 euros / réceptif / matinée… Prix imbattable !

Et comme toujours en plus de cela, nous mutualisons les clients. Une agence de voyage qui vient voir son réceptif sur la Namibie verra dans la même salle 20 autres réceptifs qu’elle ne connaît pas… Tout le monde est gagnant.

Dernier événement mutualisé : la participation de Togezer aux Universités de Prêt à Partir.
Dans un grand chapiteau, nous réunissons 30 réceptifs qui présentent toute la semaine leur destination auprès des agences de voyage du réseau Prêt à Partir.

3 – Les Collections

Ce travail techno et de réseautage a besoin d’être appuyé par du contenu. Chaque réceptif est capable de créer un voyage original et insolite comme un voyage autour du vin. Mais ce circuit est toujours difficile à vendre – seul sur une destination. Prenez le même thème et faites le même circuit sur plusieurs destinations.Alors c’est beaucoup plus facile à vendre et l’agent de voyage a beaucoup plus de facilité à l’intégrer à sa production. Nous avons développé plusieurs thèmes de collections originaux et insolites que nous fournissons clé en main. Nous pouvons également, comme nous l’avons fait pour Univairmer, monter une collection spécifique pour votre agence ou votre réseau. 

Zemma la guerrière basée au Costa Rica s’occupe de cela et relance inlassablement les réceptifs pour faire remonter les circuits !
Nous travaillons actuellement sur une collection FAMILLE.

4 – La Web Agency

Tous les réceptifs ont des besoins en développement de site internet, en animation de réseaux sociaux. Mais cela coûte cher et surtout quand il faut choisir un prestataire, les réceptifs ont besoin d’avoir confiance et quelqu’un qui connaît leur métier. Zarah, notre associée de la première heure, motivée et chanteuse à ses heures saura écouter vos besoins ! Et si vous aimez la com’ de Togezer alors c’est elle qu’il faut féliciter!

5 – L’énergie humaine

Nous nous sommes rendus compte que Togezer est une fabuleuse machine à mutualiser les énergies humaines. Lequel d’entre nous n’a jamais la veille d’un salon soupiré en disant à son conjoint ou à ses amis la flemme qui s’emparait de lui à l’idée de partir en déplacement ? Et pendant l’événement une magie s’opère, entouré de tous vos collègues, partenaires vous prenez un shoot d’énergie gigantesque et vous êtes blindé d’adrénaline. Pendant ces réunions les idées fuses, l’intelligence collective se met en place, des milliers de projets se créent. Peu importe si à la fin seuls quelques-uns se mettent en place, vous revenez l’esprit plein de positivisme et d’énergie. Togezer est aussi ce catalyseur et il est notre moteur tout au long de l’année.

Alors oui, tous ces outils nous montrent que l’entraide et l’associativité permettent de grandir plus vite et mieux. La loi du plus fort a fait son temps finalement, et c’est ensemble que nous construisons un avenir différent.

Le réchauffement climatique et ses conséquences peuvent mettre en péril notre métier ou du moins le menace fortement. À travers le Yakafokon, nous essayons de cultiver cette intelligence collective, nous essayons de mettre en avant ces énergies individuelles qui peuvent, à plusieurs, faire réfléchir et faire sortir de nouvelles idées.

Togezer lance donc un club ouvert à tous, nous mettons à disposition une biblio mutualisée pour que chacun puisse se former à son rythme sur les causes et conséquences du réchauffement climatique. Cette bibliographie n’est pas exhaustive, elle s’enrichit chaque jour, vous pouvez recommander certains ouvrages, donnez votre avis sur une vidéo afin que chacun puisse gagner du temps et attaquer les sujets qui l’intéressent.

Le vrai projet de Togezer, c’est finalement de mutualiser et que les petits producteurs (de voyage aujourd’hui et peut-être d’autre chose demain …) puissent ensemble porter un message et avoir un impact plus important sur leur secteur d’activité.

L’Édito de Tom, le vrai…

Mais tu peux pas être écolo ! Tu vends des voyages !

Voilà ce que vous risquez d’entendre les prochaines années… voilà ce que nous entendons parfois depuis quelques mois; depuis que nous avons eu une crise “d’éco-conscience”.
Fabrice, mon associé, a commencé à m’envoyer des “signes” courant juillet en me demandant comment était le climat à Marseille, ce que j’en pensais. Je répondais naïvement “Ben il fait chaud et j’adore quand il fait chaud…
C’est en août, quand il m’a appelé que j’ai vite senti que beaucoup de choses se bousculaient dans sa tête. Il me recommanda alors d’écouter Jean-Marc Jancovici et son interview sur le site de Présages : https://www.presages.fr/blog/2018/3/12/jean-marc-jancovici.

Et à partir de là, il n’a eu cesse de m’alimenter de livres, podcasts, vidéos sur le sujet… mon associé a été mon “déclencheur” sur cette prise de conscience.
Chacun aura son déclencheur, son révélateur, et nous avons décidé que Togezer devait essayer humblement de jouer ce rôle en lançant une réflexion, un think tank autour de ce sujet.

De quel sujet parle-t-on ?

Ce que nous avons réalisé dernièrement, ce n’est pas juste que la Terre se réchauffe et que l’humanité pollue trop. Nous l’avons traité d’abord comme de la gestion de risques en évaluant les conséquences et les probabilités de chaque scénario sur la table: conséquences politiques, économiques, sociologiques, professionnelles, personnelles. Au final, cela a affecté notre manière de penser et d’appréhender l’avenir.
Cette vidéo courte et dynamique définit bien le sujet : cliquez ici pour voir la vidéo

Sans vouloir faire une explication exhaustive, voici quelques éléments clés sur notre cheminement.
L’Homme est obsédé par le concept de croissance de la production. Tout notre système économique actuel est basé là-dessus.

Il est également basé sur un postulat de départ exprimé par Jean-Baptiste Say dans son cours complet d’économie politique pratique, en 1828-1930 :  » Les ressources naturelles sont inépuisables, car sans cela nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées, ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques.  » 

Malheureusement, ce postulat est faux, on le sait aujourd’hui avec certitude, les ressources sont épuisables et ne sont pas gratuites.

Rien de nouveau sous le soleil me direz vous. Mais imaginez un monde où effectivement le coût de l’énergie augmente drastiquement, débouchant sur une augmentation forte du prix de tous les produits carbonés, c’est à dire à peu près tout. Essayez de passer une journée à réfléchir à l’impact carbone de tout ce qui vous entoure, de ce que vous achetez, de ce que vous jetez…
C’est à devenir fou de se rendre compte à quel point nous sommes intoxiqués au pétrole, à la croissance…

Le système est lancé dans une course folle, nous sommes tous conscients de cela et nous ne savons pas comment le ralentir, l’arrêter. A sa manière, chacun y va de son geste, de son implication tant que cela ne bouleverse pas son confort. C’est tellement difficile d’essayer de changer ! Je vis toutes ces contradictions au quotidien.

Alors que pouvons-nous faire ?
Cet article résume bien la problématique :
https://youmatter.world/fr/ecologie-eco-gestes-impact/

La solution viendra de ceux qui osent “rêver et imaginer ”

La solution doit venir des citoyens mais aussi de ceux qui ont un impact plus global.
Malheureusement, les grands acteurs économiques, les hommes politiques n’arrivent pas à prendre conscience de l’urgence, ou tout simplement n’arrivent plus à sortir du système en marche.

A quel moment la prise de conscience s’emparera de tous ces acteurs ?
A quel moment cela déclenchera l’innovation, l’invention suffisante pour ralentir et permettre de continuer à croître autant en ayant un impact écologique minime ?

Nous n’avons évidemment pas la réponse à cela et nous ne portons aucun jugement face à ce manque de réaction.

Cependant, nous pensons qu’une part de la solution viendra de ceux qui osent rêver, imaginer un monde différent et meilleur.
Cette peur, ou cette déprime qui peut s’emparer de nous face à un constat anxiogène, sera génératrice d’idées et nous poussera à nous réinventer.

Alors, humblement et parce qu’il faut bien commencer quelque part, nous allons lancer Togezer et ses membres dans cette réflexion commune. Beaucoup d’énergie se dégage de cette “bande de réceptifs” que vous êtes et de tous ceux qui “virevoltent” autour de Togezer.

Imaginez si nous mettons toute cette énergie à réfléchir à un tourisme différent, meilleur.
Imaginez si nous réfléchissons ensemble à rendre nos entreprises plus durables, autant écologiquement qu’économiquement.
Imaginez que nous réfléchissions ensemble à des systèmes de management et d’organisation plus horizontaux et plus justes…

Dans 20 ans, même si on se trompe, on aura participer à changer certaines choses et on l’aura fait ensemble… Togezer…
Tous ces changements vont clairement avoir un impact sur notre métier qu’on le veuille ou non, en tout cas, je le crois.
De quelles manières ? Je n’en sais rien. Les touristes vont-ils arrêter de prendre l’avion et se tourner vers la micro-aventure ? 
Vont-ils décider de voyager plus longtemps dans chaque destination, en voyageant moins mais mieux ?
Allons-nous être obligés de voyager virtuellement via des casques de réalité virtuelle ?

Des questions plus larges se posent aussi. En terme de management par exemple, les nouvelles générations arrivent sur le marché du travail avec cette volonté de donner du sens à leur métier, à être des éco-citoyens responsables et ils cherchent un système plus juste, loin des modèles verticaux que nous avons connus.

Puis, nous avons dressé chez Togezer quelques pistes de réflexion en anticipant le prochain numéro du Yakafokon qui aura pour objet : “ Quelles solutions pour après-demain et comment augmenter l’intérêt sociétal de nos entreprises ?
Ce sera le thème du prochain Yakafokon, à sortir dans quelques mois, et l’idée est d’aller au delà du constat et tenter d’inventer le voyage de demain. Nous avons déjà reçu une dizaine d’articles remarquables, voici un petit teaser: le slow travel, cinema&voyage, famille&voyage, voyage et serendipité, voyage local, le trek2020, partager la vie locale, l’oenotourisme, microaventure, voyage & tour du monde en voilier…

Vers un plan B

Je suis associé de Terra Group, un groupe de réceptifs, co-fondateur de Togezer et je ne m’imagine pas en tant qu’entrepreneur ne pas commencer à réfléchir à un “plan B” face à ce qu’il se passe. Je ne souhaite pas que nos associés, nos salariés, nos partenaires externes, et par extension ma famille et moi-même soyons impactés par ce qui risque d’arriver faute de “courage et de vision”.

Le plan B : c’est utiliser notre réseau, notre expertise et bouleverser notre business model, nos organisations pour nous préparer à ce qui arrive.
Dans le cas du tourisme, cela peut nous amener à remettre totalement en cause le produit que l’on vend : le voyage.
Un réceptif a souvent un excellent réseau local, en plus de vendre du voyage c’est un fabuleux logisticien, avec des équipes bien implantées dans le pays qu’il opère.

L’objectif du plan B est d’utiliser ces ressources pour développer une autre entreprise en parallèle de son métier actuel. Ainsi son entreprise a deux activités, et en cas de chute du tourisme alors il peut bifurquer sur l’autre activité.
Comme disait Lavoisier : “Rien ne se perd tout se transforme” et le réceptif pourra alors s’en sortir. 

Et dans le meilleur cas, c’est à dire le cas où nous aurions tort et que le tourisme continue sur sa croissance, que l’on trouve des solutions vertes et durables pour continuer à voyager, alors nous aurons deux métiers et nos entreprises seront encore plus florissantes.

Ce n’est pas la première fois que nos entreprises sont confrontées à une telle transition. Ces débats ont également eu lieu lors de la transition digitale qui a bouleversé notre métier.
Ces transitions entraînent la confrontation de deux “visions” de l’avenir faisant appel aux mêmes leviers.
Cet article détaille bien les liens entre ces deux transitions : https://www.cairn.info/revue-responsabilite-et-environnement-2017-3-page-5.htm#

Pour Togezer, nous allons mettre en place ce plan B.
Nous réfléchissons encore à différentes pistes.

Ce numéro a pour but de faire un constat de ce qui se fait chez différents réceptifs ou acteurs du voyage.
En essayant de répondre à la question : “ Comment réduire l’éco- empreinte du tourisme ? ”.
Pour cela, nous ouvrons le débat, la discussion, vous êtes tous amenés à donner votre avis, nous parler de vos solutions.

Pour les moins informés sur le sujet, nous avons mis en place une médiathèque, non-exhaustive, de nos meilleures lectures, podcasts ou vidéos.
N’hésitez pas à nous en demander l’accès à fabrice@togezer.travel ou à nous écrire afin d’y contribuer.
Cette médiathèque collaborative a pour but de recommander à chacun des lectures sur ce sujet vaste et complexe.

Puis, nous avons dressé chez Togezer quelques pistes de réflexion en anticipant le prochain numéro du Yakafokon qui aura pour objet : “ Quelles solutions pour après-demain et comment augmenter l’intérêt sociétal de nos entreprises ? “

Ce numéro n’aurait jamais vu le jour sans le travail remarquable de Fabrice, Emma et Sarah, qui en quelques semaines ont réuni ces articles et monté la médiathèque. Bravo à eux !
Également un grand merci à tous les rédacteurs qui ont pris le temps malgré leur quotidien chargé pour écrire des articles de grande qualité ou répondre à nos interviews.

Ce numéro “transpire” les valeurs de Togezer : associativité et collaboration.
C’est le deuxième Yakafokon seulement mais nous en sommes très fiers et cela ouvre de belles perspectives et promet des discussions passionnantes.

C’est un très beau cadeau de Noël en avance !

Bonne lecture et “ bon bout d’an” (comme on dit dans le sud)