Le Grand baZar de la rentrée

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Étiquette : collapsologie

Le tourisme dans la perspective de l’effondrement ou un tourisme de l’effondrement…

Par William Wadoux, 49 ans, associé gérant de Terra Andina Ecuador depuis 6 ans, basé à Quito en Équateur.

Diplômé ingénieur télécoms, 7 ans chez Alcatel, Thales en tant que Chef de Projet, 2 ans dans une galerie d’art contemporain, 8 ans en ONG (Latitud Sur), passionné d’Amazonie, de ses populations (conseiller quelques mois au Ministère de l’Agriculture en Équateur sur la légalisation de territoires indigènes) et d’Agro-écologie.
william.wadoux@terra-group.com


Miroir, miroir en bois d’ébène, dis-moi, dis-moi que je suis la plus belle

Il n’est pas de débat sérieux sur le sujet de l’effondrement de la société et du changement climatique qui ne commence par la question radicale bien personnelle « Dois-je continuer à travailler dans le tourisme ? ». Notre secteur n’y échappe pas, comme bien d’autres, car il n’est pas que peu d’activité qui ne consomme de l’énergie et ne participe à sa mesure à la génération de gaz à effet de serre. On peut toujours relativiser… l’industrie du tourisme participerait à hauteur de 5 à 8% des émissions (les chiffres varient selon les sources et les activités incluses).
On peut toujours considérer le fait que c’est la part du transport aérien qui pèse le plus dans nos voyages et que de ce fait nous n’en sommes directement responsables et ne pouvons influer sur ce fait… ou encore que les avions partiraient sans doute même sans nos clients ou que ce sont ces derniers qui nous poussent à leur proposer des services polluants.

Bref, il y a de nombreux stratagèmes pour alléger la tension schizophrénique provoquée par cette question mais en tant qu’acteur économique responsable, se regarder dans le miroir est un acte essentiel, d’honnêteté intellectuelle, désormais devenu nécessaire et imprégné d’urgence selon le niveau de pessimisme avec lequel on enrobe sa vision de l’avenir sociétal qui nous attend, sans même considérer le scénario le plus dramatique.

Avant d’envisager des pistes de réflexion supplémentaires, il y a une seconde question à laquelle il semble fondamental de répondre afin de se positionner dans le débat général.

Croissance ou décroissance, toujours plus ou beaucoup moins ?

Je vais faire l’impasse sur la vision des climato-sceptiques, dont le débat ne se fonde pas sur des arguments scientifiques mais sert à mon sens des intérêts mortifères, distillant de manière fallacieuse le doute sur une situation d’extrême urgence.
L’information désormais circule en abondance autour des risques systémiques majeurs qu’encourent nos sociétés pour que nous ayons tous conscience de scenarii potentiels qui nous menacent à l’échelle de l’humanité. La complexité des simulations réalisées grâce à l’aide de données et de modélisations de plusieurs dizaines de milliers de scientifiques ne permet pas de déterminer avec certitude le type de scénario ou les dates d’occurrence des évènements. Mais une fois passée la phase de doute (en effet peu d’arguments scientifiques viennent contredire les principales conclusions de ces prédictions), il est fort probable que vous acquériez la conviction que la société souffrira de conséquents changements, provoqués par une crise de l’énergie, un effondrement du système financier, des conflits militaires, la disparition des derniers écosystèmes, des catastrophes climatiques majeures ou une pandémie.

Si vous en êtes là, il vous faudra prendre parti pour les partisans de la croissance (même si verdie pour coller à la nécessité de diminuer nos impacts) ou pour le camp des décroissants.
Le premier suit la philosophie du « business as usual », on ne change rien ou presque, on interdit l’usage des pailles à la cantine des usines Seveso, on continue à produire, notamment des équipements de transport moins énergivores et des systèmes de production d’énergie non fossile. On reste dans le modèle d’une croissance continue dans un monde aux ressources finies, avec des solutions techniques qui viendront résoudre nos différents défis.
Le deuxième fait le constat des pics passés ou à venir des ressources qui permettent cette production et conclut au fait qu’en dépit des meilleures avancées scientifiques, nos besoins matériels inévitablement croissants dans le modèle actuel amènent à une impasse.
Puisque mes convictions m’amènent à adhérer au second groupe, je vais développer les arguments qui sous-tendent cette position. Le mythe d’une croissance infinie dans un monde matériel fini, aux ressources comptées est un contresens logique. C’est du storytelling hérité de l’âge industriel, ayant bercé les générations antérieures, et duquel nous avons du mal à nous extraire tant il sert d’intérêts personnels et en dépit de son caractère nettement prédateur.
De nombreuses ressources ont passé leur pic ou sont en passe de le faire : celui du pétrole est déjà connu, mais c’est aussi le cas de l’argent (nécessaire à la fabrication des pales des éoliennes), de nombreux métaux rares (pour les ordinateurs et téléphones portables). Sans oublier par exemple les phosphates tant nécessaires à l’agro-industrie qui a rendu nos sols agricoles addictifs aux engrais chimiques. Sans énergie et avec des ressources en diminution (ou raréfiées et très coûteuses), comment alimenter la croissance de la consommation avec une population en augmentation vertigineuse (voir chiffres Afrique) ?
Cette décroissance sera ainsi subie (pour les sceptiques, les résignés ou les passéistes) ou préparée (les optimistes actifs).

Le tourisme à l’époque de l’apocalypse annoncée

Le voyage a de nombreuses vertus que l’on connaît : la rencontre avec d’autres humains aux conceptions du monde très différentes, donc forcément bénéfique si l’on veut s’essayer à changer de paradigmes ; vivre la beauté du monde pour prendre conscience de l’importance de le sauvegarder ; permettre à des sociétés de maintenir des modes de vie ou des lieux grâce aux revenus du tourisme, etc…

Dans la course à la compétitivité qui caractérise la société dans laquelle nous sommes immergés, arrêter notre activité serait un sacrifice certainement inutile car le vide provoqué par notre disparition n’en serait que vite comblé par un autre compétiteur. C’est d’ailleurs la même course entre nations qui les empêche de prendre des décisions d’importance. Le changement doit venir de l’ensemble de la société. Autrement dit, de tous ces acteurs anonymes que sont les consommateurs, nos voyageurs qui, une fois atteint un seuil critique, feront basculer les pratiques de notre industrie. C’est à ce niveau que nous devons contribuer. Ne pas le faire n’empêchera pas le changement et cela reviendra à rester du mauvais côté de l’histoire.

Côté agences, il faudra rendre nos pratiques plus vertueuses, mais avec sincérité. Pas de greenwashing, on n’en est plus à ce stade. Cela va de gestes plus respectueux de l’environnement au bureau à la conscientisation active de nos clients (une charte ne suffira pas), de nos fournisseurs et en interne. Former nos guides à prendre conscience des conséquences de leurs décisions lors du voyage est une étape importante pour qu’ils « déteignent » sur les clients. Faire un choix éclairé de nos fournisseurs au moment de dessiner un programme. C’est préférer un hôtel certifié (aussi critiquables soient certains labels) ou engagé dans une démarche vertueuse à un charmant hôtel indifférent à la communauté locale et aux pratiques écologiques. Une évidence pourtant peu encore pratiquée. Certes, nous avons tous des clients réticents, avec des choix critiquables en ce sens, mais nous pourrons opter pour abonder dans son sens, tenter de l’influencer avec des arguments bien acquis par nos agents de voyage, ou simplement refuser sa demande.
Il s’agira de pister les sources potentielles de diminution de l’empreinte carbone, remplacer un véhicule polluant par des vélos là et quand cela est possible. Il faudra sans doute renoncer à proposer des services luxueux mais extrêmement polluants et qui n’opèreraient pas si nous ne l’avions proposé (le tour en hélicoptère). Dans une perspective de décroissance, c’est penser plus de sobriété et de « slow travel ».
Insérer des visites de lieux engagés, où l’exemple et le discours auront une chance d’impacter les visiteurs, en plus des sites incontournables, est une bonne manière d’inviter les voyageurs à la réflexion mais aussi d’appuyer ces gens incroyables qui luttent pour nous depuis bien avant que nous ayons pris conscience de ces réalités.

Pour diverses raisons que je ne vais pas exposer ici, je ne parlerai pas de principe de compensation carbone mais de soutien aux initiatives vertueuses. En tant qu’acteurs conscients et responsables de nos actes, nous pourrions dédier une partie de nos bénéfices à des projets correctement sélectionnés et gérés.

Un autre axe de travail est celui des voyages « utiles », des voyages de « conscience » (il n’y a pas là de sous-entendu moral) lors desquels de nombreuses visites de lieux engagés permettraient d’apprendre quelque chose : un éco-village (passez outre la vision des hippies), une ferme en permaculture, des initiatives de préservation d’écosystème,… Tout cela avec un fil rouge qui donnerait un sens global à ce voyage.

Transition ou basculement, du Club Med vert pomme ou des vacances zadistes ?

Si le voyage reste donc une pratique de grande valeur, il devra cependant prendre une autre orientation (brutalement sous le fait de changements drastiques, ou graduellement si l’on considère des dégradations localisées et cumulatives).
Si nous considérons l’impact du pic pétrolier déjà passé, et que l’on conçoit que nous consommons actuellement les dernières réserves, les prix des vols devraient inévitablement augmenter et certainement rapidement. Même si l’augmentation du tourisme mondial semble attester l’inverse à court terme.

Si l’on me demande à quoi ressembleront les voyages de demain, je répondrais qu’ils seront plus lents, plus longs, moins éloignés. Le tourisme local prendra le pas sur le tourisme long courrier. Les clients aisés continueront de voyager mais sans doute pour se réfugier dans des oasis protégées, histoire de se faire plus discrets.
Le principe de communauté rééquilibrera l’individualisme forcené et les acteurs du tourisme apprendront à mieux vivre et travailler ensemble, quand le gâteau s’est amaigri et que la collaboration devient une nécessité de survie. Il s’agit d’un changement de paradigme qui se fera, contraint ou voulu.

En somme, décroître ce n’est pas retourner à l’âge de pierre (même si sur certains aspects cela y ressemble) mais vivre mieux (et voyager mieux) avec moins (en privilégiant l’humain et la nature sur le matériel) dans une société devenue plus dangereuse et chaotique. Reconsidérons le voyage ayant du sens dans cette période d’incertitude croissante, libérons notre ingéniosité et employons ce désir de liberté qui caractérise notre milieu de réceptifs pour inventer le voyage de demain. Au pire, si l’effondrement n’a pas lieu, vous aurez donné plus de valeur à vos voyages et contribué à freiner le changement climatique ; au mieux, vous vous serez préparés (avant tout dans vos têtes) à ce qu’il adviendra. Une seule recommandation : ne tardez pas à y réfléchir, c’est certainement la décision la plus conséquente de et sur votre vie et celle de vos enfants.

…Fabrice me disait à propos de cet article que je devrais le colorer, y mettre une touche encore plus personnelle et le relier à l’actualité avec mon analyse particulière…
J’ai longtemps hésité et plutôt que de l’amender, eh bien je vais lui rajouter une extension, une note de fin d’article, un cheveu dans la soupe pour le rendre plus ésotérique…

Avez-vous déjà senti la vie parcourir les racines, le tronc, les branches d’un arbre ? Certains peut-être, mais la plupart n’y voyez qu’un arbre, un objet, au mieux esthétique, sans doute utile. Vous connaissez tous le film Avatar, et ces lumières qui constituent un réseau de veines s’étendant dans le végétal et au-delà, mettant en lien ainsi plusieurs arbres ? Vous avez peut-être même lu ces livres faisant état d’ultimes recherches portant sur les moyens de communication des plantes ?
Imaginez alors qu’il existe un moyen de percevoir cette circulation du vivant ! dont la science officielle se rapproche petit à petit pour en donner des explications rationnelles.

C’est lors de nombreuses cérémonies partagées avec plusieurs communautés amazoniennes que j’ai côtoyées pendant 12 ans que j’ai connu ce type de perception. Il s’agit d’un mode ancien d’accès à la connaissance, dont les techniques varient selon les cultures, mais omniprésentes à travers le monde.
Autant vous dire qu’avec ce type d’expériences, se développe non seulement une manière complémentaire de voir le monde (on le voit en vérité depuis plusieurs angles de vue), en marge de la société dominante, mais aussi une meilleure intuition et surtout une plus grande sensibilité pour le vivant. Des larmes ont coulé sur mes joues à l’annonce des incendies récents en Amazonie qui ont ravagé ces millions d’arbres (en l’écrivant, cette même émotion me revient)… car, tout comme les Indiens, je sais combien tout ceci est un suicide collectif perpétré par une société immature, mais dont le danger réside dans le fait qu’elle s’imagine adulte. Je dois beaucoup à ces populations indiennes dont on fait l’économie dans notre engouement pour une croissance dévorante et inhumaine. Je leur dois ma forme de spiritualité, ma façon si peu consensuelle et commune de voir le monde et de me relationner, et surtout mon respect pour la vie sous toutes ses formes, même s’il me reste bien du chantier comme tout être humain.

Cette intuition, combinée à ma formation d’ingénieur qui m’a permis de ne pas sombrer dans une approche new-age, me font percevoir les récents évènements sociaux, en Équateur, puis au Chili, en Bolivie, ou encore en France, comme les prémisses de l’explosion d’un modèle de société tentant de résister avant que l’océan ne l’emporte, indifférent aux « plus riches » du cimetière en construction autant qu’aux « pauvres ».

Mais c’est grâce à cette spiritualité amazonienne millénaire que je peux garder un certain optimisme réaliste face à l’annonce de l’effondrement des écosystèmes, du réchauffement climatique dont l’issue semble inéluctable ou de la chute du château de cartes financier. Et c’est ainsi que ma spiritualité me dicte de tenter d’alerter aussi mon entourage, par amour, même s’il m’en coûte leur amitié.
Rappelez-vous « Dune »… le dormeur doit se réveiller…

Et si l’entraide était la nouvelle loi de la jungle ?*

*Titre largement emprunté au livre de Pablo Servigne.

Par Thomas Loubert, 36 ans, co-fondateur Togezer.


Nous entendons de plus en plus parler de la notion d’effondrement. On entend par là l’effondrement de notre civilisation telle qu’on la connaît aujourd’hui. Cet article résume bien le concept : qu’est-ce que la collapsologie, cette théorie de l’effondrement de la civilisation ?
C’est un mot fort, volontairement choisi par ceux qui l’utilisent pour marquer les esprits.
Cet effondrement passe par la remise en question de nombreux concepts qui ont été considérés comme acquis et immuables depuis des siècles.
Par exemple, le fait que les ressources naturelles étaient gratuites et renouvelables s’avère faux.
Certains penseurs contemporains comme Pierre Rabhi et Jean-Marie Pelt suggèrent dans leur livre :  “Le monde a-t-il un sens?” que la théorie de Darwin a été mal interprétée :

“L’œuvre de Darwin n’a pas été lue de la bonne manière. La lecture officielle de la théorie de l’évolution est que la nature est régie par la loi de la jungle, la loi du plus fort et que pour les hommes, c’est la même chose. Nous pensons tous les deux que ce n’est pas tout à fait comme cela que ça marche. En réalité, la coopération a un rôle important à jouer dans la nature comme dans la société. Le concept de coopération n’a jamais été pris en compte sérieusement, ni en biologie, ni en sciences sociales. »

Et cette notion de coopération débouche forcément sur des notions de partage et de mutualisation. Tout devient “co”… les espaces de co-working, les lieux de co-living fleurissent dans toutes les villes. Ces mouvements s’expliquent souvent par la flambée des prix et le souhait de réduire des coûts.

Aujourd’hui, ces mouvements de mutualisation ont un réel impact sur l’environnement.

En partageant, nous consommons forcément moins.

Prenons l’image du taille-haie chère à un memberZ. Le taille-haie est typiquement un outil qu’on utilise 3 fois par an maximum. Chaque personne vivant dans le même quartier et ayant une haie va acheter son propre outil car nous avons perdu ces notions de partage. Si au lieu de cela, ces mêmes voisins achetaient un taille-haie en commun et que ce schéma se reproduisait des milliers de fois sur la planète et pour plein d’outils différents alors nous consommerions moins et donc nous polluerions moins.

Ces notions de partage et de mutualisation que nous avions perdues face à la notion de propriété et d’individualisation reprennent leur place dans la société.
Je m’interroge et je me demande si l’inconscient collectif ne nous pousse pas, face une anxiété croissante à se rapprocher les uns des autres, à réapprendre à vivre ensemble en partageant des lieux, des techniques de travail, des bons plans.

Tout le projet de Togezer repose sur cette idée de base : la MUTUALISATION des efforts, des coûts de promotion, des énergies.

Très rapidement, nous avons réuni une centaine de réceptifs qui adhérait à cette idée.
Si nous mutualisons, alors c’est moins cher…

La figure de proue de Togezer c’est (ou plutôt c’était)… la plateforme.

1 – La plateforme

Nous avons commencé par mutualiser des coûts de développement technologique en créant une plateforme all.togezer.travel et accessible gratuitement aux agents de voyages.

Cette plateforme regroupe différents outils pratiques et gratuits pour les agents de voyage :

  • La Connect Now : annuaire interactif pour trouver des réceptifs de qualité ;
  • Appel d’offres : pour contacter plusieurs réceptifs en même temps ;
  • Les Wébinars : mutualisation d’un logiciel de présentation en ligne où les réceptifs présentent leur destination – nous en organisons 2 par semaine.

Vous souhaitez une formation plus détaillée ? Un service personnalisé pour qu’on vous explique où cliquer et surtout avoir un login ! Alors contactez Aurélie, l’agent A – notre perle du Sud.

De nouveaux outils arrivent sur la plateforme début 2020 :

  • La Boussole du voyage

Pendant des années nous pensions en tant que réceptif que nous faisions du “sur mesure” alors qu’en fait nous faisions du “à la carte.”
À la carte, car le client nous demandait et nous lui donnions ce qu’il voulait.
La boussole du voyage est un outil qui permet de faire du vrai sur mesure.
À travers un questionnaire, le client est amené à se poser des questions qu’il ne se serait pas forcément posées. Nous le poussons à réfléchir aux VRAIES motivations de son voyage.
Ce questionnaire permet également de connaître le profil du client, c’est-à-dire savoir s’il est plus visuel, auditif ou kinesthésique …
Vous ne mettrez pas une chambre où on entend la mer à un client dont le profil est plus auditif, le bruit pourrait le gêner même si pour vous ce bruit est agréable et vous berce …

La force de l’outil est surtout d’être connecté par un système de tags (d’étiquettes) à des circuits ou des modules déjà prédéfinis dans la base commune des réceptifs souvent équipés du même logiciel : Toogo.
Les résultats de la boussole permettent de sortir rapidement des itinéraires correspondants au profil du client.

Cet outil a été développé par mon associé Fabrice pour Terra Group et Serendip, et est utilisé aujourd’hui par les commerciaux.

Nous allons assez vite mettre online sur la plateforme une boussole spécifique Togezer, accessible et utilisable par les agents pour leur propre profil de prospects.

Pour ceux parmi vous qui souhaitent une boussole customisée et à vos couleurs, nous le faisons. Contactez Fabrice: fabrice@togezer.travel

Vous pouvez la tester ici : https://www.terra-group.com/test-voyageur/ ou encore ici : https://www.serendip.travel/boussole-voyage-annecy/

  • Team messaging

Dans la plateforme vous pourrez “tchatter, discuter” entre les utilisateurs de la plateforme.
Si vous travaillez dans la même agence alors vous pourrez discuter entre collègues… fini Whatsapp – Togezer is in the place !

Mais ce socle technologique n’est rien sans l’humain.
Cela a vite été remplacé par la mutualisation d’énergie à travers les événements que nous organisons toute l’année. Et nous nous sommes rendus compte alors que la technologie n’est qu’un outil au service de l’humain.

Et que le vrai socle de Togezer, c’était l’humain et la mise en relation.

2 – Les Événements

Tout au long de l’année, nous organisons des événements gérés avec talent par Rémy (qu’on appelle Rémite au bureau).

Nous avons commencé par la CARAVANE.

Objectif : mutualiser les coûts d’organisation – au lieu que 10 personnes organisent leur voyage de prospection chacun de leur côté alors il faut mieux qu’une seule personne s’en charge et que chacun paye le salaire de cette personne. Pareil pour les listes de prospects, chaque réceptif tous les ans fait sa liste de prospects en vue de son voyage commercial. 
Autant qu’une personne le fasse une fois et le partage à ceux qui souhaitent et payent une partie de son salaire.

Et hop – la caravane était née…

Rapidement, nous nous sommes rendus compte que cet esprit de partage se propageait et nous avons assisté pendant les caravanes à des échanges de bons plans. Tel réceptif recommandait son meilleur client à un autre réceptif, un autre recommandait un logiciel à un autre réceptif.
Quand la confiance est instaurée alors les gens collaborent et même des concurrents deviennent amis…

Puis, nous avons sorti les Breakfast ou les Petits Déjs
Le principe est simple : un réceptif paie très cher pour aller sur le salon à Top Résa, certains réceptifs ne peuvent pas se payer de stand. 
Si nous mutualisons les coûts de la brasserie en face de Top Résa alors cela n’est vraiment pas cher pour les réceptifs : 150 euros / réceptif / matinée… Prix imbattable !

Et comme toujours en plus de cela, nous mutualisons les clients. Une agence de voyage qui vient voir son réceptif sur la Namibie verra dans la même salle 20 autres réceptifs qu’elle ne connaît pas… Tout le monde est gagnant.

Dernier événement mutualisé : la participation de Togezer aux Universités de Prêt à Partir.
Dans un grand chapiteau, nous réunissons 30 réceptifs qui présentent toute la semaine leur destination auprès des agences de voyage du réseau Prêt à Partir.

3 – Les Collections

Ce travail techno et de réseautage a besoin d’être appuyé par du contenu. Chaque réceptif est capable de créer un voyage original et insolite comme un voyage autour du vin. Mais ce circuit est toujours difficile à vendre – seul sur une destination. Prenez le même thème et faites le même circuit sur plusieurs destinations.Alors c’est beaucoup plus facile à vendre et l’agent de voyage a beaucoup plus de facilité à l’intégrer à sa production. Nous avons développé plusieurs thèmes de collections originaux et insolites que nous fournissons clé en main. Nous pouvons également, comme nous l’avons fait pour Univairmer, monter une collection spécifique pour votre agence ou votre réseau. 

Zemma la guerrière basée au Costa Rica s’occupe de cela et relance inlassablement les réceptifs pour faire remonter les circuits !
Nous travaillons actuellement sur une collection FAMILLE.

4 – La Web Agency

Tous les réceptifs ont des besoins en développement de site internet, en animation de réseaux sociaux. Mais cela coûte cher et surtout quand il faut choisir un prestataire, les réceptifs ont besoin d’avoir confiance et quelqu’un qui connaît leur métier. Zarah, notre associée de la première heure, motivée et chanteuse à ses heures saura écouter vos besoins ! Et si vous aimez la com’ de Togezer alors c’est elle qu’il faut féliciter!

5 – L’énergie humaine

Nous nous sommes rendus compte que Togezer est une fabuleuse machine à mutualiser les énergies humaines. Lequel d’entre nous n’a jamais la veille d’un salon soupiré en disant à son conjoint ou à ses amis la flemme qui s’emparait de lui à l’idée de partir en déplacement ? Et pendant l’événement une magie s’opère, entouré de tous vos collègues, partenaires vous prenez un shoot d’énergie gigantesque et vous êtes blindé d’adrénaline. Pendant ces réunions les idées fuses, l’intelligence collective se met en place, des milliers de projets se créent. Peu importe si à la fin seuls quelques-uns se mettent en place, vous revenez l’esprit plein de positivisme et d’énergie. Togezer est aussi ce catalyseur et il est notre moteur tout au long de l’année.

Alors oui, tous ces outils nous montrent que l’entraide et l’associativité permettent de grandir plus vite et mieux. La loi du plus fort a fait son temps finalement, et c’est ensemble que nous construisons un avenir différent.

Le réchauffement climatique et ses conséquences peuvent mettre en péril notre métier ou du moins le menace fortement. À travers le Yakafokon, nous essayons de cultiver cette intelligence collective, nous essayons de mettre en avant ces énergies individuelles qui peuvent, à plusieurs, faire réfléchir et faire sortir de nouvelles idées.

Togezer lance donc un club ouvert à tous, nous mettons à disposition une biblio mutualisée pour que chacun puisse se former à son rythme sur les causes et conséquences du réchauffement climatique. Cette bibliographie n’est pas exhaustive, elle s’enrichit chaque jour, vous pouvez recommander certains ouvrages, donnez votre avis sur une vidéo afin que chacun puisse gagner du temps et attaquer les sujets qui l’intéressent.

Le vrai projet de Togezer, c’est finalement de mutualiser et que les petits producteurs (de voyage aujourd’hui et peut-être d’autre chose demain …) puissent ensemble porter un message et avoir un impact plus important sur leur secteur d’activité.

Le futur ne manque pas d’avenir

Par Fabrice Pawlak, 49 ans, co-fondateur Togezer, sérendipien since 1970. 


Fabrice Pawlak, co-fondateur togeZer

Il y a 15 jours, j’eus la chance d’assister à Paris à une passionnante conférence sur l’exploration de la planète Mars donnée par l’un des pères de la conquête spatiale française. Depuis toujours, je dévore les derniers livres d’astronomie ou de manière générale à tout ce qui touche au Big Bang, au pourquoi ou au comment de la vie, à Tolkien, bref, je me pose 10 000 questions comme beaucoup.
Puis vint la séance de questions au conférencier, et j’en profitais pour poser la mienne …
Vous venez de parler des projets Mars 2040 et 2050, je me demande quel sera le carburant de cette exploration vu que d’ici 2040, nous en aurons probablement fini de notre stock en pétrole ? ”
C’est alors que l’illustre conférencier se mit en colère et me qualifia de “collapsologue” avant de se calmer et de répondre posément qu’effectivement, l’unique carburant envisageable en 2050 est éventuellement l’énergie nucléaire. 

Thomas, mon associé de Togezer, dans son édito, me présenta comme son “déclencheur”. Chacun, sur ce sujet, a sa propre histoire et son rythme (les 7 étapes du deuil : choc et déni – douleur et culpabilité – colère – marchandage – dépression – acceptation – reconstruction). Pour mon ami Jean-Claude Razel, par exemple, réceptif aventure au Brésil, ce fut le vendredi 28 juin dernier, alors qu’il se trouvait précisément à Gallargues-le-Montueux, à l’ouest du Gard, où fut enregistrée la température record all time en France de 46 °C. Il me raconta qu’il fut saisi d’une grande peur et de l’impression que tout allait s’embraser en un claquement de doigt. C’est ainsi qu’il bascula.

Pour ma part, mon “Messager”, c’est tout d’abord monsieur Jean-Marc Jancovici, dont je lis et écoute à peu près tout depuis 10 ans (voir carbone4.com, theshiftproject.com, jancovici.com) et j’en profite pour lui témoigner dans ces illustres colonnes du Yakafokon ma plus grande reconnaissance. Merci monsieur Jancovici. 
Mais mon déclencheur, dans la vraie vie, c’est ma fille Kea, qui passait son bac en juin 2019, et qu’il a fallu aider, orienter quant à son avenir, puis préparer et transporter à différents oraux de sélection post-bac. Et c’est ainsi que je me suis plongé comme jamais sur le sujet du futur. C’est aussi un peu ma mission à Togezer ou à Terra. Sans le savoir, mon année 2019 allait être consacrée à la prospective …
Quel monde demain et après-demain ? Comment s’y préparer ? Que conseiller à une jeune fille de 17 ans ? Et au-delà, quel avenir professionnel pour le voyage dans un monde low-carbone et low-tech ? 
Et ce qui était avant un peu un hobby devint un sujet central, avant de devenir un sujet unique qui allait dévorer tout mon temps libre des 6 derniers mois. J’y ai passé tout l’été … jusqu’à faire mon coming out auprès de mes collègues, avec l’impression d’être arrivé en retard sur le sujet, mais une fois dedans, de toute façon en avance de quelques mois sur les sceptiques ou sur ceux qui préfèrent s’enfermer dans leur cave et éteindre la radio mais qui finiront par en sortir.
La baisse inexorable des ressources disponibles n’est pas une croyance, c’est un fait qui repose sur la finitude de la planète, et qui est amplifié par une population toujours plus grande consommant toujours plus. La courbe de la démographie est directement et fortement corrélée à la consommation d’énergie. Les arbres ne montent pas au ciel.
Ainsi, j’appartiens à cette minorité grandissante pour laquelle il y a un avant et un après été 2019. Encore merci aux précurseurs.
Les scientifiques se battent depuis 5 décennies pour nous mobiliser et on les imagine abattus devant le résultat. Il semble que le message purement technique ou scientifique (indiscutable et indiscuté) ne marche pas pour la majorité. 
Nous ne croyons pas ce que nous savons !
(à lire sur ce sujet: http://amaninthearena.com/biais-de-confirmation/)

Ils devront peut-être, pour gagner en efficacité, associer au message scientifique apolitique actuel: les arts, la culture, différentes formes du récit, et des émotions. Après 12 ans d’effort, Jancovici, l’une des “anti-stars” du milieu “écologie politique”, va rassembler peut-être 50 000 vues sur Youtube alors que Kim Kardashian va se casser un ongle et rassembler 1 000 fois plus de monde. Jancovici et consorts ne sont jamais plus convaincants que quand ils se livrent en fin de conférence, en parlant d’eux et de leurs ressorts intimes, quand ils doutent et sont humains et vulnérables, plutôt qu’une machine rodée que la plupart n’a pas envie d’écouter.
Il faudrait aussi que la communauté artistique et culturelle (et pourquoi pas nous ?) se bouge un peu pour aider les scientifiques, que l’on sent à bout de forces, et finalement les seuls à essuyer les critiques de ceux qui ne font pas grand chose.

L’art et la culture, le récit, la rencontre, l’altérité ou “la quête de l’autre ou d’un ailleurs en quête de soi”, le dépassement de soi (car pour baisser volontairement son niveau de consommation, il faudra se dépasser !), voilà autant de raisons du voyage : découverte, émotion, partage, curiosité, sérendipité, associativité. Le voyage, tout comme les caravanes d’antan, est d’abord une source d’échanges. Même s’il est polluant au même titre que les autres activités humaines, le tourisme sobre est un outil à notre disposition en vue d’un monde résilient. Et c’est notre métier !

Pour le constat sur l’état de la planète et de son évolution, d’autres savent mieux l’exprimer que moi, et ce Yakafokon n°2 l’exprime déjà de 10 façons différentes. Je vous invite simplement, si cela vous intéresse, à lire les 2 courts textes résumant bien la situation:
https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/colapsologie-prise-de-conscience-recente-ou-bon-vieux-malthusianisme
ou
https://theshiftproject.org/ambition/

J’ai donc passé les derniers mois à lire ou à écouter tout d’abord Jancovici, Servigne, Cochet, Bihouix, Rob Hopkins et je suis ensuite passé à d’autres styles et je peux citer l’ensemble des podcasts : Présages, Sismique, Thinkerview, Rendez-vous avec le futur, France Culture. C’est passionnant et motivant. Je découvre plein de choses à 49 ans et je rencontre différemment plein de personnes, et à plusieurs titres, je vis une période exceptionnelle. Tout ceci n’est pas qu’anxiogène et déprimant !

Une fois ma “conscientisation” réalisée, et une bonne phase de décantation, il a bien fallu traduire professionnellement et concrètement ce nouveau bagage très lourd. Je suis passé par toutes les phases et j’ai vécu intimement, depuis, les effets de mon positionnement, que ce soit auprès d’amis, d’associés, de collègues ou dans le cercle familial. Ce sujet est évidemment anxiogène et conflictuel mais plus que cela il vous expose, mêle le professionnel et le privé, il oppose convictions et intérêts, il affiche ses propres contradictions, sans parler des incertitudes sur le sujet et croyances diverses. J’ai même traversé une période d’hyper-sensibilité, à pleurer une fois par semaine, et parfois en plein salon devant un prospect, pour un rien. Bizarre. 
Ça change le bonhomme.

Dès le départ, pourtant, je choisis le “low profile”, concrètement le partage d’opinions et jamais le jugement. Mais on ne peut rien y faire, malgré toutes les précautions, l’épisode de la question sur Mars illustre parfaitement la situation, même auprès de gens très qualifiés. 
Il s’agit ici d’une remise en cause profonde de notre mode de vie, de notre civilisation, de notre relation à l’autre, de nos convictions politiques, en gros, cela remet tout à plat, et cela dépasse rapidement le cadre du tourisme, en témoigne cet article ou le débat à la télé hier soir sur le thème “Toutes les opinions sont-elles bonnes à dire ?”. Ces invités de haut niveau répondaient tous oui à la question mais s’invectivaient avec une rare agressivité.
Voilà tout le problème et j’ai fini par le dire avec cette formule que mon entourage ne supporte plus :“Je suis prisonnier et soldat d’une prison et j’ai décidé de m’échapper”.
Donner son opinion sur ce sujet est souvent perçu comme un jugement moral par l’interlocuteur, ou comme moralisateur, radical, parfois même présomptueux.
Et pourtant, même “conscientisé”, faut bien continuer à bouffer, et à vivre tout court, à travailler sur “aujourd’hui”, et faire des compromis avec ses convictions. 
Mais mieux vaut vivre d’échecs que de regrets, alors on s’est décidé à faire notre part de Colibri, au niveau personnel et professionnel.

Au cours des semaines récentes de salons et de caravanes, j’ai constaté aussi que nous sommes nombreux à sentir que nous vivons une période extraordinaire, au sens littéral du terme. Sur les pentes de l’Etna, 48h avant une éruption volcanique, les chèvres descendent se réfugier en plaine… Certains parmi nous ont cette impression et se posent des questions nouvelles : « Quel est le sens de mon boulot ? », « Quel est le sens que je souhaite donner à ma vie ? », et c’est assez nouveau pour moi d’aborder ces questions sur les salons professionnels.

Les sciences économiques ne sont pas des sciences exactes, d’ailleurs les économistes se plantent toujours, et c’est peut-être parce que le raisonnement est faux ?
L’économie de marché se base sur le fait que chacun est un acteur économique maximisant son intérêt, dénué du soucis de l’intérêt général ou d’Utopie. Et bien, je ne me reconnais pas dans ce portrait.

Ensuite, le productivisme (socialisme, capitalisme, communisme) repose sur la conviction que les ressources naturelles sont à la fois gratuites et abondantes. Non seulement leur prix est de plus en plus élevé (déchets, pollution, chute drastique de la biodiversité en 20 ans, extraction, disponibilité, …) mais la plupart des stocks sont largement entamés. 
Porté par des théories qui légitiment l’appropriation et l’exploitation illimitée de l’environnement par et pour l’Homme, le productivisme et son objectif, la croissance, se sont identifiés depuis au Progrès, qui serait donc l’augmentation des besoins et des biens. Au final, le progrès d’un pays se mesure par son PIB, et l’objectif est l’enrichissement maximal. 
Constatant le problème de la finitude des ressources, des économistes proposent l’alternative de la croissance verte qui repose sur le découplage de la croissance et de l’énergie, ou dit autrement, que l’on va faire de la croissance avec moins d’énergie. Je comprends qu’on a beaucoup envie d’y croire mais je ne comprends pas qu’on puisse y croire. 
Les économistes me font penser aux géologues d’autrefois qui considéraient la croûte terrestre comme immobile (jusqu’en 1960) et qui refusèrent pendant 40 ans de croire en la tectonique des plaques de Wegener sans doute parce qu’il était climatologue. Et bien la croissance verte, je préfèrerai ne pas parier dessus, et je n’ai pas envie d’y participer. 
C’est pour cela que je ne suis pas fan de la compensation carbone, souvent défendue par les mêmes qui prônent la croissance verte. 
Il faut baisser notre consommation individuelle de ressources ET planter des arbres ET nous éduquer ET nous responsabiliser ET militer ET essayer d’être un exemple ETC. Il faut tout ça et sans doute plus, et vite.

A Togezer, on se pose ces questions et on cherche des réponses.
En chemin, on s’est rendu compte de plusieurs choses importantes que je partage avec vous : il ne faut pas rester seul, et il faut en parler, partager. On trouve refuge dans l’action et dans le partage. Et c’est ainsi qu’on a créé une sorte de club informel des “écooliques anonymes”. Ça nous a fait du bien, ça nous fait du bien, et ce club vous est ouvert. On croit en l’avenir, et on s’y marre bien ! 
Aussi, la principale difficulté, en général, est la cellule familiale. Un membre de la Togezer me racontait ses conflits familiaux ou de voisinage dès que l’on songe à toucher au confort matériel du quotidien. Ce membre est génétiquement un low-tech-man et pour l’anecdote je vous raconte sa réunion avec ses voisins : 
“Chacun d’entre nous a une tondeuse, ou un coupe-haie personnel pour s’en servir 3h par an… et si on partageait un super coupe-haie ?”. Ses voisins l’ont pris pour un marginal. Bref, y’a du boulot et pourtant il existe tant de solutions disponibles, durables, économiques, cela s’appelle le low-tech (à lire le livre de Bihouix, “l’âge des low tech”).

Rien ne sert de convaincre, cela ne marche pas comme cela. Il faut simplement aider les gens à se documenter, cela doit venir d’eux. 

MEDIATHEQUE APRES-DEMAIN

Pour cela, nous avons monté une médiathèque complète de livres, podcasts, vidéos. Elle est ouverte non seulement aux membres de Togezer mais aussi à vos amis, à vos proches, à vos concurrents, à vos collègues. Cette médiathèque, déjà étoffée, sera enrichie les prochains mois par nous, par vous et elle est adossée à un Gsheet d’évaluations des références ou chacun(e) est invité(e) à donner une note et un commentaire. 
Il vous suffit de nous demander un accès. Bienvenue au club.

Coté Biz :

Le côté positif, c’est qu’en même temps que de constater que certains prospects m’évitent désormais dans les couloirs des salons, en particulier les anglo-saxons (“this debate is so frenchy !”, c’est vrai que Tibo les regardait tout en mimant une lame avec son pouce sur le cou, il est con hein ?), j’ai changé en bien ma relation avec d’autres. 
En fait, je vis tout cela comme une renaissance bienvenue, cela donne beaucoup plus de sens à tout, et surtout cela me conduit à rencontrer “mieux” plein de gens, et de partager plus. J’ai même constaté que cela pouvait être efficace en affaires. En effet, sur 4 prospects qui allaient peut-être travailler avec moi un jour mais qui finalement étaient juste-à-fond-comme-tout-le-monde pendant le salon, et bien j’ai fini mes derniers salons avec le résultat suivant :
Il y en a 3 qui ne travailleront définitivement pas avec moi dans les 2 prochaines années et nous ne perdrons pas notre temps à rediscuter et à faire semblant. Mais le 4ème, c’est certain, on travaillera ensemble parce que nous partageons cela. 
Cela ressemble à une formidable “aubaine” pour celui qui allait continuer à travailler dur pour finir le plus riche du cimetière, et sans doute trop tôt.

Il n’y a pas de sens à travailler toujours plus pour gagner toujours plus pour consommer toujours plus de ressources. Il n’y a plus de sens non plus à regarder mes droits d’Homo Sapiens sans les associer à mes devoirs d’Homo Sapiens appartenant à un écosystème qui s’appelle la Terre. Nous allons vers la décroissance (de consommation de ressources/habitant) et c’est non seulement inéluctable, c’est aussi une bonne chose. Je suis moins inquiet pour mes enfants depuis que j’ai réalisé que la croissance pour la croissance, c’est le modèle insensé de ma génération et qu’il est temps de passer à autre chose. Plutôt participer à un monde de coopération que de compétition. Plutôt tenter la sobriété que l’excès, ça rend sûrement plus heureux.
Les espèces qui s’en sortent le mieux, ce ne sont pas les plus fortes, ce sont les plus coopératives (selon l’associativité de JM Pelt, “le monde a-t-il un sens ?”). Ça tombe bien, on a monté Togezer, tout est dit dans le nom du produit.

Nous allons chercher à croître notre satisfaction d’aller au travail.

Soyons lucides : les seuls gagnants du marketing digital, ce sont ceux qui dégradent l’environnement. Refusons collectivement d’engraisser les acteurs du numérique ! Si seulement on pouvait tous nous mettre d’accord pour ne pas prendre d’Adwords ! A chaque forum ou convention des leaders du tourisme, il y a les experts du e-marketing, les blogueurs professionnels, etc. qui viennent nous expliquer que ce qui compte dans nos voyages, c’est le bonus social, les selfies, le prestige de l’exclusivité, le lundi de retour au bureau. Aussi, à chaque moment vraiment convivial, sympa à vivre, il faut s’arrêter pour prendre une photo pour les réseaux sociaux et ainsi gâcher l’instant pour lequel, au fond, je travaille.

Les vidéos privées des réseaux sociaux qui n’intéressent personne polluent presque autant que le transport aérien civil, ne faudrait-il pas lancer la Videoskam en plus du Flygskam? 

Soyons pour la taxe numérique, la taxe carbone, et tout ce qui détruit notre environnement social et naturel. Soyons réalistes, rêvons ! Pour s’en sortir collectivement, soyons un peu utopistes !

TogeZer 2020

Notre objet social va se simplifier : être utile !

Nous allons bien sûr poursuivre nos actions afin que les memberZ en aient pour leur abonnement. Mais nous renonçons à défendre un business auquel nous ne croyons plus. Et cet article, nous le savons, fera son travail et certains parmi vous nous quitteront. 
Et si nous sommes sincères, alors peut-être qu’il y a tout autant de vendeurs de voyage qui pensent exactement comme nous et nous aurons plaisir à travailler ensemble.

On pense que la seule solution pour éviter l’ingérable de notre vivant, c’est que la société civile réagisse massivement, urgemment, collectivement. Et que cela commence par moi, chez moi, et dans mon entreprise, puis chez mes clients, chez mes fournisseurs. Chacun a son rythme. Peut-être est-ce du militantisme, c’est bien possible, mais mes associés et moi, sentons que c’est notre responsabilité.

Ce qui nous semble utile et notre rôle :
Fédérer des réceptifs qui vont chercher à rendre leur activité plus sobre et plus vertueuse, pour ensuite aller défendre leurs couleurs et leur diversité avec passion.

Et avec eux, partagez nos réflexions, nos bonnes pratiques, avancer ensemble pour co-construire une charte commune. Ce sera la suite du Yakafokon, une sorte de think tank à notre niveau. Ne nous sous-estimons pas, nous réceptifs, et regardons plutôt la masse d’expertise que nous réunissons ! Et combien parmi vous pourraient aussi écrire un article dans ce Yakafokon ?

Poursuivre nos actions de mutualisation (Yapluka, plateforme, e-services, caravanes promotionnelles)

Ouvrir et étoffer notre médiathèque sur le monde de demain low-tech, low-carbone à tous ceux qui le souhaitent : participer activement, intelligemment, à la conscientisation de nos interlocuteurs : nous-mêmes, nos employés, nos prestataires, nos clients, à travers une fiche d’information « climat » à la vente de chaque voyage. Cette fiche d’information aurait pour objectif d’expliquer les raisons du réchauffement climatique, la décarbonation de notre société et donner des ordres de grandeur pour qu’une fois rentré chez lui, le voyageur puisse mettre en place des actions qui font la différence. Le principal ennemi, c’est la désinformation ou le manque d’information qui conduit à des petits gestes bienveillants (et utiles !) qui ne règleront pas les grands problèmes. Il faut que chaque citoyen, chaque entrepreneur, chaque salarié, qu’il soit boulanger, instituteur, au chômage, agent immobilier, premier ministre, soit informé pour éventuellement modifier son comportement. Nous pensons qu’il s’agit là de la méthode la plus efficiente à notre portée. Imaginez si nous sommes un million à faire cela ? Nous sommes peut-être déjà beaucoup plus nombreux ! Et c’est facile à faire, alors pourquoi pas ? 

Rédiger une fiche d’information que chacun des membres sera invité à personnaliser et à envoyer à chacun de ses fournisseurs, employés, clients, voisins.

Explorer le monde des Creative Communs et de l’open-source, et cela pourrait concerner notre logiciel à sortir, la BOX (qui permet de reproduire à moindre coût la plateforme actuelle Togezer).

Et préparez éventuellement un plan B, en 2020…. 

Voici comment nous comptons nous y prendre : vous pousser à explorer chez vous le monde de demain : le recyclage, la réparabilité, l’économie circulaire, la sobriété énergétique, les monnaies locales, la permaculture, l’habitat, l’entraide, la résilience et l’ingéniosité locales, la traction animale, le glocal, l’art, la culture, le savoir, le low-tech, le low-carbone, l’art du récit, le producteur de ski en bois, de semences paysannes, de spiruline, les écovillages ou zad ou autres tentatives d’une vie différente. 
Pour ensuite enrichir nos voyages de visites sur ces lieux, et ainsi augmenter leur contenu et votre savoir faire.
Au final, l’avenir du monde, c’est sans doute le mode de vie non pas de l’Amérique mais … de l’Afrique ! L’innovation low-tech, low-carbone est en Afrique !
Pour ensuite, pourquoi pas, voir certains parmi vous pivoter vers une activité d’abord complémentaire et sait-on jamais, importante demain.

Nous envisageons sérieusement une BOX du monde de demain, qui au lieu de mettre en relation suppliers et buyers de voyages, sera une plateforme d’échanges de savoir-faire, de produits uniques, de semences, de bonnes pratiques, de troc entre un producteur de spiruline au Tchad et un producteur de quinoa dans les Andes, ou un exploitant d’espace forestier. 
En somme, nous considérons que notre communauté de professionnels du voyage est d’autant plus en danger qu’elle est éloignée de son public (typiquement, le dmc en Nouvelle-Zélande travaillant avec le marché francophone).
Avec la même lucidité, nous voyons ce réseau mondial de réceptifs comme un formidable socle d’experts worlwide de la logistique, curieux de tout et ayant chacun un formidable réseau local dans les endroits les plus reculés de la planète.
Notre BOX pourrait les mettre en réseau ! Et c’est un avenir possible, ambitieux et très enthousiasmant. Ensemble, en confiance, on se dit même que c’est une fucking good idea. 
Affaire à suivre.


Alerte lancée par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dans la 10e édition de son « Emissions Gap Report », publiée mardi 26 novembre 2019:

« Notre incapacité collective à agir rapidement et énergiquement contre le changement climatique signifie que nous devons dès maintenant réduire considérablement nos émissions, prévient Inger Andersen, la directrice exécutive du PNUE. Cela montre que les pays ne peuvent tout simplement pas attendre la fin de 2020 [et la COP26] pour intensifier leur action. Ils doivent agir maintenant, ainsi que chaque ville, région, entreprise et individu. »

« Des transformations sociétales et économiques majeures doivent avoir lieu au cours de la prochaine décennie pour compenser l’inaction du passé, notamment en ce qui concerne la décarbonisation rapide des secteurs de l’énergie, du bâtiment et des transports »

« Chaque année de retard à partir de 2020 nécessitera des réductions d’émissions plus rapides, ce qui deviendra de plus en plus cher, improbable et difficile »

« Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l’accord de Paris sur le climat »

« Nous laissons aux générations futures un monde où non seulement le réchauffement sera très important, mais où il faudra aussi pomper le CO2 que nous émettons aujourd’hui. C’est très problématique d’un point de vue éthique »