Yakafokon

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L’ÉDITO

Par Fabrice Pawlak — Rédacteur en chef provisoire de Yakafokon

«Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better.», Samuel Beckett.

Bonjour à tous,

Ma vie professionnelle des 10 dernières années m’a amené à côtoyer de nombreux réceptifs du monde entier pour me rendre compte qu’ils forment cette famille pleine d’anecdotes de vie, de parcours sérendipitiques (trouver ce que l’on ne cherche pas) et c’est sans doute le goût pour cette communauté de “personnages” qui a bâti le succès de Toogo et qui a conduit au lancement de Togezer.

Tout compte fait, le réceptif, bien malgré lui, est souvent seul : Il n’a personne avec qui partager ses joies et ses peines. C’est la première raison d’être de ce webzine.

On est donc parti de l’idée simple de réunir les articles que nous aurions aimé lire quand nous étions à votre place.

Pour ce premier numéro de Yakafokon, on a choisi comme thème: “l’avenir du réceptif” car, comme de nombreux métiers, le nôtre se transforme à vue d’oeil, et il devient de plus en plus difficile de suivre le rythme. Il est nécessaire de se poser la question de son avenir car le modèle “je pars sur le terrain 3 mois, je monte mon site web, je fais un peu de SEO et de SEA et je fais un salon par an” est, pour nous, caduque.

Les prochains numéros, que nous espérons sortir en octobre, avec vous comme rédacteurs, porteront exclusivement sur ce qui nous semble l’essentiel pour l’avenir du réceptif : le terrain, le terrain, le terrain. Et les conséquences du réchauffement climatique sur nos métiers.

A l’heure de boucler ce dossier, j’ai un peu oublié de donner mon avis sur l’avenir du réceptif, alors voici mon pronostic sur le sujet…

Pour la philosophie, nous croyons à l’intelligence collective, nous croyons aussi qu’il est préférable d’être partenaire qu’ennemi de son concurrent. On a tout à gagner, et pas grand chose à perdre, à au moins essayer.

Pour le constat, que notre métier est en danger, comme beaucoup d’autres.

Le réceptif traditionnel sans plus-value lors de l’assemblage de produits et sans distribution digitale va disparaître au profit du réceptif super local (un hôtelier, un guide, un transporteur) qui vendra son produit directement sur des APPS des voyageurs.

Ensuite, le débat phare des 10 dernières années sur le tourisme durable, communautaire, éthique est très souvent rattrapé sinon dépassé par les conséquences du dérèglement climatique sur le mode de vacances de la clientèle européenne. Bref, quelque soit votre position sur le tourisme durable, le tourisme de demain des Européens “devrait” être plus vert, plus local, plus responsable, sans doute moins “aérien”.

De manière contradictoire, on constate la hausse incroyable du marché touristique asiatique et en corollaire la hausse vertigineuse du nombre de voyages en avion qui continueront à consommer du kérosène très polluant, taxé ou pas, quoique fassent les voyageurs français, pour les 10 prochaines années. Certes, le “climat” se félicite de la diminution de ma consommation en viande rouge mais il se préoccupe surtout du comportement des milliards de consommateurs chinois, américains, indiens, indonésiens de plus en plus nombreux, qui émettent collectivement, en valeur absolue, toujours plus de gaz à effet de serre.

Nous serons ou sommes déjà confrontés au problème dit de l’overtourism.

Techniquement, je pense que les plateformes (B2B2C et B2B2B) vont remplacer ou remplacent déjà les sites web des réceptifs.

Pour le fond, notre époque est à la quête de sens et dans notre industrie, cela se traduit par la recherche d’expériences de voyage et de personnalisation du service.

Pour le reste, à mon avis…

L’avenir est au glocal : penser globalement, agir localement.

Il faut se voir comme un acteur unique dans une vaste coopération, se voir comme un nœud dans un gigantesque réseau. Ou se faire bouffer par les Américains. Au choix.

Soit s’orienter vers un fournisseur unique d’un énorme entrepôt type Amazon (getyourguide, klook, tourradar,…) soit refuser cette dépendance (et jouer sur les deux tableaux ?)

L’avenir est à la proximité, au voyage près de chez soi, à la production ou la consommation locale.

Être ensemble pour compter individuellement et que la somme de ces individualités soit suffisamment forte pour faire face à ce qui nous arrive à tous (ou dit autrement : we are the united states of togezer !! Parce que c’est NOTRE projet).

Glocal, c’est aussi une forme d’organisation de l’entreprise. Ni verticale, ni horizontale zadiste, mais les deux à la fois, dans la mesure du possible. Certains penseront organique, ou holacratique, je la vois plutôt comme adaptocratique, s’adapter avec agilité aux réalités quantiques (ou probabilistes, car on est bien obligé de faire un choix vers le plus probable, car nos moyens et notre temps sont limités).

Glocal, à notre niveau, c’est peut-être faire le choix de la qualité et de l’associativité entre le logisticien (expert terrain), détenteur d’un stock d’expériences de voyage (à condition que cela ne soit pas bidon) et le vendeur de voyages, à proximité et en confiance avec le voyageur final. Cela suppose de se concentrer non pas sur le client qu’on n’aura pas et qui n’a pas besoin de nous mais sur celui qui, justement, recherche une expertise terrain et une écoute de proximité.

Glocal, cela veut dire que chacun accepte son rôle de maillon d’une chaîne unie.

Pour faire simple, nous, on voit l’avenir en B2B2X plutôt qu’en B2C et rassemblés (togezer) plutôt qu’isolé. Rassembler des réceptifs dans une mutuelle de services pour travailler ensuite AVEC (et pas contre) des réseaux d’agence de voyage. Sinon, soyons réalistes, nous finirons tous par travailler, au moins virtuellement, POUR Big Brother.

Bonne lecture.


Fabrice Pawlak, sérendipien since 1970

Remerciements à : évidemment Thomas mon compagnon de route, solide et bienveillant. Rémy, la “voix”, pour la mise en page, Hélène pour corriger vos fautes, et tous les rédacteurs… Sarah & Emma & Marie & Aurélie & Tom & Jean & Samy & Jim & Lucifer.

fabrice@togezer.travel